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Baromètre des Pratiques de Paiement

Tendances des pratiques de paiement B2B - Italie 2026

Les entreprises italiennes font face à des tensions croissantes sur leur trésorerie, dans un contexte de hausse du risque de défaillance, de coûts plus élevés, de conditions de financement plus restrictives et de ...
10 Jun 2026
7 min

Les tensions financières se répercutent sur les paiements des clients B2B

Le durcissement de l’accès au crédit bancaire, lié à une perception accrue du risque dans un contexte d’incertitudes géopolitiques croissantes, a conduit les entreprises italiennes à transférer une partie de leurs besoins de financement au sein de la chaîne d’approvisionnement. Cette évolution s’est traduite par une augmentation de la part des ventes B2B réalisées à crédit au cours des derniers mois, dans une dynamique comparable à celle observée en Europe occidentale. Les entreprises italiennes réalisent désormais près des deux tiers de leurs ventes B2B à crédit, un niveau nettement supérieur à la moyenne régionale, qui dépasse à peine la moitié des ventes. Cette plus forte dépendance au crédit commercial accroît l’exposition au risque de paiement des clients, ce qui explique pourquoi les entreprises cherchent à concilier soutien à l’activité et préservation de leur trésorerie.

Les délais de paiement témoignent d’une culture de paiement plus lente qu’en Europe occidentale. Seules deux entreprises italiennes sur cinq accordent des délais de paiement de 30 jours ou moins, une proportion sensiblement inférieure à la moyenne régionale. Une part bien plus importante d’entreprises propose des délais plus longs, s’appuyant sur le crédit commercial pour entretenir les relations clients et assurer la continuité de leur activité. Cette pratique accentue néanmoins la pression sur le besoin en fonds de roulement et augmente les risques de trésorerie. Les comportements de paiement des clients semblent actuellement sous tension. Les entreprises italiennes signalent plus souvent des retards de paiement de la part de leurs clients professionnels que leurs homologues d’Europe occidentale. Si environ un quart des factures est payé en retard, un niveau conforme à la moyenne régionale, les délais de règlement sont nettement plus longs en Italie. Une proportion plus faible de factures est réglée dans le mois suivant l’échéance, tandis que les retards se prolongent bien au-delà des niveaux observés en Europe occidentale. Cette situation met en évidence un cycle de retard de paiement plus durable en Italie que dans le reste de la région.

Le durcissement des conditions de trésorerie constitue la principale raison pour laquelle les clients professionnels retardent leurs paiements. Une proportion nettement plus élevée d’entreprises en Italie qu’en Europe occidentale indique que ces retards sont directement liés aux difficultés de trésorerie rencontrées par leurs clients. Cette situation allonge les délais d’encaissement et immobilise davantage de fonds dans le cycle d’exploitation. L’évolution du délai moyen de recouvrement des créances clients (DSO) confirme cette tendance et met en évidence des comportements de paiement structurellement plus dégradés en Italie que dans le reste de l’Europe occidentale. Les pertes sur créances reflètent également cette réalité. Une proportion plus importante d’entreprises italiennes enregistre des pertes sur créances irrécouvrables comprises entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires B2B facturé, un niveau susceptible d’éroder significativement les marges et d’affaiblir la situation de trésorerie.

Le principal impact du risque de paiement client sur le besoin en fonds de roulement, tel que déclaré par les entreprises italiennes, est la réduction des liquidités disponibles pour financer les opérations courantes. Les retards de paiement immobilisent en effet des ressources financières et limitent la flexibilité opérationnelle des entreprises. De leur côté, les entreprises d’Europe occidentale mettent davantage en avant les conséquences sur la planification financière et le recours accru à des financements externes. Les entreprises italiennes et celles d’Europe occidentale adoptent par ailleurs des approches différentes en matière de gestion du risque client. Les entreprises italiennes privilégient la proximité avec leurs clients, en assurant un suivi étroit des comportements de paiement, en renégociant les conditions de règlement lorsque cela s’avère nécessaire et en transférant une partie du risque via l’assurance-crédit. À l’inverse, les entreprises d’Europe occidentale s’appuient davantage sur la constitution de réserves financières, la diversification des sources de financement ainsi que l’amélioration des processus internes, notamment par l’automatisation des procédures et l’optimisation des systèmes de paiement.

En Italie, une proportion plus importante d'entreprises qu'en Europe occidentale fait état de pertes comprises entre 5 % et 10 %, un niveau qui érode considérablement les marges bénéficiaires et affaiblit la situation de trésorerie.

Les perspectives du risque de paiement B2B à court terme demeurent fragiles

Les perspectives économiques de l’Italie restent peu favorables. La faiblesse de la demande, les pressions inflationnistes et le niveau élevé des défaillances d’entreprises continuent de peser sur la confiance des entreprises et sur leur situation de trésorerie. Dans ce contexte, les entreprises italiennes adoptent une vision prudente de l’évolution à court terme des comportements de paiement B2B.

Une proportion nettement plus élevée d’entreprises en Italie qu’en Europe occidentale n’anticipe aucun changement significatif dans des délais de paiement déjà jugés longs. Parmi celles qui s’attendent à une évolution, la majorité prévoit une dégradation plutôt qu’une amélioration. Cette perception reflète les inquiétudes persistantes liées à la solvabilité des clients et aux tensions sur leur trésorerie. Dans l’ensemble, le sentiment des entreprises apparaît plus pessimiste en Italie que dans le reste de l’Europe occidentale.

Une tendance similaire se dégage concernant les perspectives de défaillances d’entreprises. Plus d’entreprises italiennes que leurs homologues européennes estiment qu’aucune amélioration à court terme n’est à attendre et que le niveau actuel des défaillances restera élevé. La hausse des coûts des intrants, le maintien de taux d’intérêt élevés et le durcissement des conditions de financement continuent de peser sur la situation financière des entreprises. Parmi les entreprises qui anticipent une évolution, la majorité s’attend à une augmentation des défaillances plutôt qu’à une diminution, tandis que certaines demeurent incertaines quant à l’évolution de la situation.

Les perspectives de rentabilité vont dans le même sens. Les entreprises italiennes s’attendent majoritairement à une stabilité de leurs marges à des niveaux modestes, voire à une dégradation à court terme, plutôt qu’à une amélioration. À l’inverse, les entreprises d’Europe occidentale affichent davantage d’optimisme quant à un redressement de leur rentabilité. Cet écart met en évidence la situation plus contrainte des entreprises italiennes, qui continuent de subir les effets de coûts élevés, d’une demande atone et de tensions persistantes sur la trésorerie.

Les anticipations en matière de risque suivent une tendance similaire. Les entreprises italiennes qui prévoient une dégradation des comportements de paiement B2B dans les prochains mois se montrent préoccupées par la persistance de l’incertitude économique, les difficultés de trésorerie de leurs clients et la hausse des coûts. Elles s’inquiètent également des répercussions des tensions géopolitiques et de la volatilité des marchés de l’énergie sur leur activité.

Les entreprises italiennes craignent que ces facteurs ne perturbent davantage les paiements interentreprises et n’accroissent le risque de défaut de paiement de leurs clients professionnels. Bien que les entreprises d’Europe occidentale soient confrontées à des pressions macroéconomiques similaires, elles se montrent globalement moins préoccupées, ce qui suggère que les perspectives demeurent plus fragiles en Italie que dans le reste de la région.

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Pour une vue d’ensemble complète des résultats de l’enquête 2026 pour l’Italie et l’Europe occidentale, téléchargez le rapport consacré au marché italien dans la section « Télécharger le document » ci-dessous.

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Résumé
  • Les entreprises italiennes subissent des tensions croissantes sur leur trésorerie, une part toujours plus importante de leurs liquidités étant immobilisée dans les créances clients tandis que leurs marges de sécurité financières s’amenuisent. Cette situation reflète un environnement plus difficile, marqué par la hausse des coûts, le durcissement des conditions de financement et le ralentissement de la croissance, qui réduisent la flexibilité financière et accroissent l’exposition au risque de non-paiement dans l’ensemble des secteurs.
  • Le crédit interentreprises joue un rôle essentiel pour soutenir la demande, les entreprises étant de plus en plus nombreuses à accorder des délais de paiement plus longs à mesure que l’accès au financement bancaire se restreint. Si cette pratique favorise les relations commerciales et soutient les volumes de ventes, elle accroît également l’exposition au risque client et transfère davantage de risque financier au sein de la chaîne d’approvisionnement, augmentant la vulnérabilité aux retards de paiement.
  • Les comportements de paiement B2B demeurent structurellement plus fragiles en Italie qu’en Europe occidentale, avec des délais de paiement plus longs et des encaissements plus lents. Ces retards sont principalement liés aux contraintes de trésorerie des clients, ce qui entraîne une part croissante du besoin en fonds de roulement immobilisée dans les créances échues.
  • Le risque de défaillance d’entreprise devrait continuer à augmenter au fil de l’année, alors que les entreprises italiennes s’adaptent à un environnement économique complexe. La combinaison de coûts d’exploitation élevés, de conditions de crédit plus strictes et d’une croissance modérée contribue à une érosion progressive de leur résilience financière, avec des marges sous pression et une gestion de la trésorerie devenue plus difficile.
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