Pays / Langue
Changer de pays
Choisissez un autre pays ou une autre région pour voir le contenu spécifique à votre lieu de résidence.
Sélectionnez votre langue
UAE Hero PPB 2026
Baromètre des Pratiques de Paiement

Tendances des pratiques de paiement B2B - Émirats Arabes Unis 2026

Le recours au crédit interentreprises se développe aux Émirats arabes unis, mais la hausse des retards de paiement accroît les risques de paiement et les tensions sur la trésorerie. Dans ce contexte, les entreprises ...
31 Jul 2026
7 min

Les retards de paiement B2B et les créances irrécouvrables pèsent sur le besoin en fonds de roulement 

Selon les résultats de l’enquête, les entreprises des Émirats arabes unis réalisent en moyenne 47 % de leurs ventes B2B à crédit, le reste étant réglé au comptant. Les grandes entreprises du secteur des services sont celles qui accordent le plus fréquemment des délais de paiement. Près de la moitié des entreprises interrogées indiquent avoir augmenté la part de leurs ventes à crédit au cours des derniers mois. Les entreprises de taille intermédiaire sont particulièrement à l’origine de cette tendance, utilisant davantage le crédit commercial pour soutenir leur croissance et renforcer leurs relations clients.

Environ trois entreprises sur cinq accordent à leurs clients B2B des délais de paiement allant jusqu’à un mois après facturation. Près d’une entreprise sur trois propose des échéances comprises entre un et deux mois. Les délais les plus longs sont observés dans le secteur de la construction. Les tendances récentes montrent un allongement des délais de paiement accordés aux clients. Les fournisseurs font preuve d’une plus grande flexibilité afin de soutenir la demande. Cette évolution est particulièrement marquée parmi les entreprises industrielles de taille intermédiaire, qui déclarent avoir davantage étendu leurs conditions de paiement.

Dans ce contexte, et compte tenu de cette souplesse généralisée des conditions de crédit, la quasi-totalité des entreprises interrogées aux Émirats arabes unis signale des retards de paiement de la part de ses clients B2B. En moyenne, près de deux factures sur cinq sont réglées après leur échéance, ce qui reflète un risque de paiement significatif et des tensions persistantes sur la trésorerie. Les entreprises des secteurs de l’industrie et de la construction apparaissent comme les plus exposées, en raison de cycles de paiement plus longs et plus complexes. Les données récentes mettent également en évidence une dégradation des comportements de paiement B2B : les entreprises constatant une hausse des retards sont plus de deux fois plus nombreuses que celles observant une amélioration. Près de la moitié des entreprises, et plus particulièrement les grandes sociétés industrielles, indiquent que les retards de paiement de leurs clients sont principalement liés à des contraintes de trésorerie.

Une fois les factures B2B échues, les délais de recouvrement s’allongent sensiblement aux Émirats arabes unis. Cette tendance se reflète dans l’évolution du DSO (Days Sales Outstanding ou délai moyen de recouvrement des créances clients), davantage d’entreprises faisant état d’un allongement que d’une réduction des délais d’encaissement. Les données récentes montrent que cette situation accroît le risque de transformation des créances en pertes définitives. Les créances irrécouvrables représentent désormais un peu plus de 2 % des créances clients B2B. Ces pertes sont particulièrement élevées parmi certains segments, notamment les grandes entreprises davantage exposées au crédit interentreprises. Les entreprises associent régulièrement ces pertes au vieillissement des créances et, de plus en plus, aux défaillances de leurs clients, qui demeurent l’un des principaux facteurs de dégradation des comportements de paiement.

Selon les résultats de l’enquête, les retards de paiement et les créances irrécouvrables exercent une pression importante sur le besoin en fonds de roulement des entreprises aux Émirats arabes unis. Les entreprises ont davantage recours au financement externe et doivent composer avec une liquidité plus contrainte, tandis que l’incertitude sur les délais d’encaissement complique la gestion de trésorerie. L’impact dépasse le cadre de l’entreprise elle-même. Les retards de paiement se répercutent sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, limitant la capacité des entreprises à investir et à répondre à leurs besoins de financement.

Pour limiter l’impact du risque d’impayés, les entreprises des Émirats arabes unis s’appuient avant tout sur des mécanismes internes, notamment la constitution de provisions pour créances douteuses. Si cette approche permet d’absorber d’éventuelles pertes, elle mobilise également des ressources financières qui pourraient être utilisées pour soutenir l’activité. La gestion active du risque client constitue également un levier majeur, à travers l’évaluation de la solvabilité des clients, le suivi des encours et les actions de recouvrement. À cela s’ajoute le recours à l’assurance-crédit, qui permet de transférer une partie du risque. Son utilisation est particulièrement répandue parmi les grandes entreprises industrielles. Les entreprises mettent également en œuvre des mesures commerciales visant à réduire leur exposition au risque, comme la demande d’acomptes, l’octroi d’avantages pour les paiements anticipés ou le renforcement des conditions de paiement. La diversification de la clientèle et le financement des créances jouent enfin un rôle complémentaire en contribuant à préserver la trésorerie tout en maintenant la flexibilité commerciale.

La quasi-totalité des entreprises aux Émirats arabes unis est confrontée à des retards de paiement de ses clients B2B. En moyenne, près de deux factures sur cinq sont réglées en retard, ce qui maintient un risque de paiement élevé et une pression constante sur la trésorerie.

Le risque de défaillance devrait augmenter dans les prochains mois

La majorité des entreprises des Émirats arabes unis s’attend à une amélioration des comportements de paiement de leurs clients au cours des prochains mois. Cette évolution traduit une confiance accrue dans les échanges B2B et l’espoir d’un allègement progressif des tensions de trésorerie. Les entreprises anticipent ainsi des flux de trésorerie plus stables et une meilleure discipline de paiement.

Malgré cet optimisme, les inquiétudes concernant le risque de défaillance restent importantes. Les entreprises sont plus nombreuses à prévoir une hausse des défauts de paiement qu’un recul, signe que la solidité financière des clients les plus fragiles demeure sous pression. Une part significative des répondants se montre également incertaine, reflétant des perspectives prudentes et partagées. Dans l’ensemble, cette situation met en évidence un écart croissant entre les clients les plus solides, dont les comportements de paiement devraient s’améliorer, et les plus vulnérables, pour lesquels le risque de défaillance continue de se renforcer.

Dans ce contexte, les perspectives de rentabilité apparaissent plus solides. Une large majorité des entreprises fait état d’une amélioration de ses marges, signe que de nombreuses sociétés parviennent à préserver, voire à renforcer, leurs performances financières malgré la persistance des risques de paiement et des tensions liées au crédit. Cette situation suggère que les entreprises adaptent activement leur politique tarifaire, leur structure de coûts ou leur stratégie commerciale afin de mieux absorber ces risques. Elle met également en lumière un écart croissant entre les entreprises les plus résilientes et celles qui restent davantage exposées aux pressions financières.

Interrogées sur les principaux facteurs susceptibles de perturber les comportements de paiement B2B dans les mois à venir, les entreprises des Émirats arabes unis citent avant tout le ralentissement économique, reflet des inquiétudes liées à un affaiblissement de la demande et à des tensions persistantes sur la trésorerie. Les pressions inflationnistes, la hausse des coûts et l’augmentation des taux d’intérêt figurent également parmi les préoccupations majeures, ces facteurs étant susceptibles de peser davantage sur les liquidités et de retarder les paiements. Les tensions géopolitiques, les risques de cybersécurité et la fraude sont également mentionnés par une part importante des entreprises, soulignant la complexité et l’incertitude de l’environnement économique actuel. Dans l’ensemble, ces risques laissent penser que les comportements de paiement B2B resteront étroitement liés à l’évolution de la conjoncture, les tensions de trésorerie continuant d’alimenter les retards de paiement et le risque de défaillance au cours des prochains mois.

Pour en savoir plus

Pour consulter l’ensemble des résultats de l’enquête 2026 consacrée aux Émirats arabes unis, téléchargez le rapport dédié au marché disponible dans la section « Télécharger le document » ci-dessous.

Pour renforcer votre stratégie en matière de credit management, contactez-nous pour garder une longueur d'avance !

Résumé
  • Le recours au crédit interentreprises est largement répandu aux Émirats arabes unis et continue de progresser. Malgré des délais de paiement relativement courts, l’augmentation des retards de règlement entretient un risque de paiement durable dans de nombreux secteurs.
  • L’allongement des retards de paiement rallonge les cycles d’encaissement, accroît les pertes sur créances et exerce une pression croissante sur la trésorerie. Près d’une entreprise sur trois déclare avoir récemment souscrit une assurance-crédit afin de limiter l’impact du risque d’impayés sur son activité.
  • Au cours des prochains mois, les entreprises s’attendent à une amélioration des comportements de paiement B2B, tout en anticipant une hausse des défaillances d’entreprises. Cette situation reflète un écart croissant entre les entreprises les plus solides et celles plus vulnérables.
  • Malgré des perspectives favorables pour les marges, les entreprises restent préoccupées par les pressions économiques et la hausse des coûts, notamment les coûts d’exploitation et de financement, qui continuent de peser sur la trésorerie.
Contenus associés