Vue d'ensemble mondiale
Le ralentissement de la Chine et des États-Unis freine la croissance mondiale
Après une hausse de 1,4 % en 2025, la production mondiale du secteur de la construction devrait progresser au même rythme en 2026, soit un point de pourcentage de moins que notre prévision publiée plus tôt cette année. Cette révision s'explique par un ralentissement plus marqué de l'activité en Chine et aux États-Unis, qui pèse sur les perspectives mondiales du secteur. La croissance dans les économies avancées devrait atteindre 0,8 %, tandis que l'activité de construction dans les marchés émergents progresserait de 2,8 %.
Le secteur de la construction étant principalement tourné vers les marchés nationaux et s'appuyant sur des chaînes d'approvisionnement relativement régionales, il a été moins exposé que d'autres industries aux droits de douane américains et aux incertitudes du commerce mondial. Toutefois, le conflit dans le Golfe et le blocage du détroit d'Ormuz ont entraîné une forte hausse des prix de l'énergie, accentuant les pressions inflationnistes. Cette situation détériore la confiance des entreprises et freine les investissements dans les grands projets de construction.
La croissance de la construction résidentielle mondiale devrait ralentir à 0,8 % en 2026. Les taux d'intérêt demeurent élevés dans de nombreuses économies et la hausse des prix de l'énergie réduit le pouvoir d'achat des ménages, ce qui pèse sur la demande de logements. Un rebond de 3,0 % est attendu en 2027, porté principalement par une reprise de l'activité en Europe et en Amérique du Nord. Dans de nombreux pays développés, les pénuries de logements devront être résorbées.

La construction non résidentielle a ralenti à 0,8 % et subit également les effets de l'inflation et du durcissement des conditions de financement. Cette situation pèse sur la confiance des entreprises et freine les investissements dans les grands projets de construction. Un rebond de 3,4 % est attendu en 2027, soutenu par la baisse des taux d'intérêt et l'amélioration de la conjoncture économique.
Le secteur mondial du génie civil devrait enregistrer une croissance de 2,1 % en 2026, avant d'accélérer à 4,5 % en 2027. Si les politiques de maîtrise des dépenses publiques limitent les investissements dans les infrastructures dans certains pays, d'autres misent au contraire sur des mesures de relance pour financer la construction de routes, voies ferrées, ponts, tunnels, réseaux électriques et autres infrastructures. La sécurité énergétique et la transition écologique restent également des priorités pour de nombreux gouvernements. À mesure que les pays avancent vers leurs objectifs climatiques, les dépenses d'infrastructure dans les économies avancées devraient progressivement se réorienter des projets de transport vers les réseaux et services publics.
Les pénuries de main-d'œuvre et le coût des matériaux restent des défis majeurs
Le manque de main-d'œuvre qualifiée et le niveau élevé des coûts salariaux constituent des défis structurels dans de nombreuses économies avancées. Cette situation pèse fortement sur les marges des entreprises et allonge les délais de réalisation des projets. Les tensions sur l'emploi et la hausse des salaires affectent particulièrement les entreprises travaillant sur la base de contrats à prix fixe, qui ne peuvent pas toujours répercuter ces coûts supplémentaires. Après la forte hausse des prix des matériaux de construction observée en 2022 et 2023, les acteurs du secteur espèrent que la baisse des prix se poursuivra. Toutefois, les coûts de construction restent généralement rigides : ils augmentent rapidement mais mettent davantage de temps à diminuer.

États-Unis
L'accumulation de difficultés conduit à une révision à la baisse des perspectives du secteur
Nous prévoyons une croissance de l'activité de construction de seulement 1,1 % en 2026 aux États-Unis, après une hausse de 1,8 % l'an dernier. La politique monétaire ne devrait pas soutenir l'activité cette année, les coûts d'emprunt restant élevés. Le secteur est également pénalisé par la hausse des prix de l'énergie, tandis que les droits de douane appliqués à certains matériaux essentiels, notamment l'acier, l'aluminium et le cuivre, affectent particulièrement les acteurs de la construction. L'indice des prix des matériaux de construction demeure supérieur à son niveau d'avant la récente période inflationniste. Le marché de l'emploi reste sous tension dans le secteur. La hausse des salaires entraîne une augmentation des coûts des projets, ce qui pénalise les entreprises engagées dans des contrats à prix fixe. La politique actuelle de restriction de l'immigration et le renforcement des expulsions accentuent les pénuries de main-d'œuvre dans le secteur. Les travailleurs en situation irrégulière représenteraient environ 15 % des effectifs de la construction aux États-Unis.
Nous avons récemment revu nos perspectives du secteur à la baisse et anticipons une hausse des retards de paiement et des défaillances d'entreprises dans les prochains mois.
Face à ces difficultés et à leur impact sur les marges, nous avons récemment abaissé notre évaluation du secteur, faisant passer son niveau de risque de crédit et sa performance commerciale de « Correct » à « Faible ». Nous anticipons une hausse des retards de paiement et des défaillances d'entreprises dans les prochains mois. Comparé à d'autres secteurs, la construction se caractérise historiquement par des délais de paiement plus longs. Les tensions sur la trésorerie continuent de s'accentuer pour certaines entreprises ayant d'importants besoins en fonds de roulement, alors que beaucoup supportent encore des coûts de financement élevés. Certaines sociétés conservent également des niveaux importants de stocks et de créances clients, ce qui exerce une pression supplémentaire sur leur trésorerie. Cette situation pourrait entraîner des difficultés de liquidité si elles ne parviennent pas à obtenir des financements suffisants auprès des établissements prêteurs.
Résidentiel et commercial : des performances modérées
Après une progression de 0,9 % en 2025, la construction résidentielle devrait enregistrer une croissance de 1,0 % en 2026. Les taux des crédits immobiliers devraient rester supérieurs à 6 %, ce qui continue de peser sur la demande de logements. Dans certaines régions, l'excédent d'appartements disponibles et le volume élevé de logements invendus conduisent les promoteurs à repousser certains projets. En revanche, les entreprises spécialisées dans la rénovation, l'entretien et les matériaux de construction de niche affichent une meilleure résistance. Elles s'adaptent plus facilement à un environnement de taux durablement élevés et rencontrent moins de difficultés pour refinancer leur endettement.
La construction non résidentielle devrait reculer de 0,8 % en 2026, après une croissance limitée à 0,3 % en 2025. La politique commerciale des États-Unis continue de freiner et de retarder les investissements dans les nouvelles usines et les immeubles de bureaux. Seuls les projets les plus importants devraient être maintenus. Cette incertitude complique la prise de décision des entreprises, de nombreux acteurs indiquant avoir des difficultés à évaluer la rentabilité des projets. Les investisseurs préfèrent souvent attendre davantage de visibilité avant de s'engager. Si les centres de données constituent un moteur de croissance de plus en plus important pour le secteur, leur poids dans l'activité globale reste encore limité. Néanmoins, le portefeuille de projets en préparation devrait soutenir les perspectives de la construction non résidentielle à moyen terme.
Le génie civil conserve une dynamique solide, avec une croissance attendue de 4,1 % en 2026, après 5,7 % en 2025. Cette performance est soutenue par les investissements dans les infrastructures et les grands projets structurants, en particulier les centres de données destinés à accompagner l'essor de l'intelligence artificielle. Les contraintes budgétaires pourraient toutefois limiter le lancement de nouveaux projets.
Nous prévoyons un rebond de l'activité du secteur de 3,1 % en 2027, favorisé par une croissance économique plus soutenue, un assouplissement des conditions monétaires et la baisse du coût des intrants. La construction résidentielle et non résidentielle devrait progresser respectivement de 3,4 % et 1,9 %, tandis que le génie civil conserverait une croissance robuste d'environ 4 %.
Chine
Une croissance modérée en 2026 avant une accélération attendue en 2027
Après un recul de 0,6 % en 2025, la production du secteur de la construction en Chine devrait rebondir du même montant en 2026. Le segment résidentiel devrait toutefois se contracter de nouveau cette année, de 0,6 %, en raison d'une confiance encore fragile et des difficultés financières persistantes dans l'immobilier. Au premier semestre 2026, les investissements dans les infrastructures et l'immobilier ont reculé respectivement de 2,4 % et 18,0 % sur un an. Les mesures de soutien des autorités et l'augmentation des financements publics restent essentielles pour soutenir l'activité du secteur cette année.
Nous anticipons une accélération de la croissance de la construction à 4,4 % en 2027, portée notamment par un rebond de 2,1 % de la construction résidentielle. Le quinzième plan quinquennal (2026-2030) met l'accent sur la poursuite de la modernisation industrielle et le développement des infrastructures, notamment dans les transports, l'eau et l'énergie. Ces orientations devraient soutenir les segments non résidentiel et du génie civil dans les années à venir. En 2027, leur production devrait progresser respectivement de 6,5 % et 6,6 %.
Un risque de crédit toujours supérieur à la moyenne
Malgré l'amélioration des perspectives de croissance, le risque de retard de paiement et de défaillance demeure supérieur à la moyenne dans le secteur chinois de la construction, en particulier pour les entreprises privées et les promoteurs immobiliers. Ces derniers restent fortement dépendants du soutien public et de leur accès au financement bancaire pour faire face aux tensions de trésorerie. Les grandes entreprises publiques bénéficient quant à elles d'un risque d'insolvabilité relativement limité en raison de leur importance stratégique pour l'économie chinoise et du soutien des banques publiques. Le risque reste cependant élevé pour les entreprises publiques régionales, davantage dépendantes des budgets et des capacités financières des collectivités locales, elles-mêmes soumises à une surveillance renforcée de Pékin dans le cadre du contrôle de l'endettement local.
Japon
Des défis structurels qui pèsent sur les perspectives à long terme
Après des reculs de 6 % en 2024 et de 2,1 % en 2025, la production du secteur de la construction au Japon devrait diminuer de 0,8 % en 2026. La hausse des prix de l'énergie et les incertitudes économiques freinent les investissements dans la construction. Le segment non résidentiel devrait reculer de 1,7 % cette année, les entreprises étant confrontées à une pression croissante sur leurs résultats et à une moindre volonté d'investir. La politique budgétaire restera favorable, mais les perspectives du génie civil demeurent limitées, avec une activité attendue en quasi-stagnation. Aucun rebond significatif n'est attendu en 2027. Nous avons d'ailleurs révisé la perspective du secteur de « Correct » à « Faible » en matière de performance et de risque de crédit.
Le secteur est confronté à plusieurs défis structurels majeurs : pénurie de main-d'œuvre, hausse des coûts et vieillissement de la population. La population japonaise diminue déjà et la part des personnes âgées de plus de 65 ans devrait continuer à progresser au cours de la décennie. Or, la demande de logements neufs provient principalement de la population active. Le vieillissement démographique devrait donc continuer à limiter la demande résidentielle. Cette évolution démographique peu favorable réduit également les besoins en nouveaux projets d'infrastructures.
Asie du Sud-Est
Les investissements publics soutiennent la croissance du secteur
La demande dans la construction reste solide en Asie du Sud-Est, portée notamment par les projets publics destinés à développer les infrastructures et les capacités énergétiques. L'activité dans les pays de l'ASEAN devrait progresser de 4,9 % en 2026 puis de 6,2 % en 2027. En 2026, une forte croissance est attendue en Indonésie (4,8 %), en Malaisie (6,3 %), à Singapour (6,3 %) et au Vietnam (8,5 %). L'Indonésie demeure le principal marché de la construction de la région, soutenue par la croissance démographique, le développement des infrastructures et la construction de Nusantara, la future capitale du pays. Au cours des prochaines années, le développement de l'intelligence artificielle et des centres de données hyperscale devrait également soutenir fortement la croissance du secteur en Malaisie.
La croissance du secteur de la construction se confirme en Asie du Sud-Est, malgré des marges sous tension et un niveau d'endettement élevé.
Malgré la croissance du secteur, les marges des entreprises de construction restent sous pression en raison de la concurrence et de la volatilité des prix des matières premières. Le secteur présente également un niveau d'endettement élevé, ce qui se traduit souvent par des conditions de financement plus strictes et des exigences accrues de garanties de la part des banques. La Thaïlande et le Vietnam enregistrent notamment une hausse des retards de paiement et des défaillances d'entreprises. Ces difficultés sont souvent liées aux retards dans l'exécution des projets et aux fortes variations des prix des matériaux, qui fragilisent la trésorerie des entreprises. À l'inverse, le risque de crédit dans le secteur de la construction à Singapour demeure faible. Le pays bénéficie de la meilleure notation souveraine possible (AAA) attribuée par Fitch, S&P et Moody's. Le secteur est également soutenu par des investissements publics importants dans les infrastructures et par un flux régulier de projets publics.
Zone euro et Royaume-Uni
Une croissance limitée sur fond de risque de crédit élevé
La croissance du secteur de la construction dans l'Union européenne et au Royaume-Uni devrait ralentir à 0,5 % en 2026, après 1,0 % en 2025. La hausse des prix de l'énergie réduit l'appétit pour les grands projets de construction et augmente le coût de ceux déjà en cours ou à l'étude. Dans de nombreux pays de la zone euro, les politiques budgétaires devraient devenir plus restrictives afin de réduire les déficits publics, ce qui pèsera sur les investissements dans les infrastructures au cours des prochaines années. Dans l'ensemble de l'Union européenne et au Royaume-Uni, le coût des matériaux reste supérieur à ses niveaux historiques tandis que les pénuries de main-d'œuvre continuent de représenter un défi structurel. Ces deux facteurs exercent une pression sur la rentabilité des entreprises du secteur. Le risque de crédit demeure élevé pour les entreprises de construction dans la plupart des marchés européens.
France
Des perspectives toujours limitées sur fond de contraintes budgétaires et d'incertitudes politiques
Nous prévoyons une nouvelle contraction de l'activité dans la construction en France en 2026 (-1,1 %), avant une reprise modeste de 0,7 % en 2027. Le secteur manque actuellement de véritables moteurs de croissance. Les incertitudes politiques continuent de peser sur les perspectives et la confiance des entreprises, notamment dans le contexte des négociations budgétaires et de l'élection présidentielle prévue en avril 2027. La hausse des prix de l'énergie pourrait accentuer encore davantage les coûts de construction déjà élevés.
L'activité dans la construction résidentielle devrait une nouvelle fois rester atone cette année, avec un recul attendu de 0,7 %. La progression des permis de construire montre des signes d'essoufflement depuis mars et le ralentissement devrait se poursuivre. Dans le même temps, la baisse des ventes des promoteurs immobiliers continue de peser sur les perspectives du marché résidentiel. Le segment des infrastructures devrait reculer de 1,5 % en 2026, avant une hausse limitée à 0,2 % en 2027. Les arbitrages budgétaires les plus difficiles ont été largement évités dans le budget 2026, mais la pression en faveur d'une réduction des dépenses publiques reste forte compte tenu du niveau élevé des déficits et de la dette publique. Les perspectives à moyen terme pour l'investissement public dans les infrastructures et la construction demeurent donc limitées.
Compte tenu de la faiblesse de l'activité, les retards de paiement et les défaillances d'entreprises devraient rester nombreux au cours des prochains mois. Cette situation s'explique en partie par la structure même du secteur, qui repose sur un grand nombre de petites entreprises aux capacités financières souvent limitées. Les perspectives de performance et de risque de crédit du secteur restent défavorables.
Allemagne
Les effets du vaste plan de relance budgétaire se font encore attendre
Les performances du secteur de la construction continuent d'être affectées par la faiblesse de la croissance économique allemande et par les prix élevés de l'énergie. Le secteur reste également confronté à des procédures administratives complexes, à des contraintes réglementaires, à la hausse des prix des matériaux et à une pénurie persistante de main-d'œuvre qualifiée. Après des reculs de 3,7 % en 2024 et de 3,4 % en 2025, l'activité devrait diminuer de 1,6 % supplémentaires en 2026.
Le vaste programme budgétaire allemand constitue pourtant un levier potentiellement très favorable pour le secteur, notamment en raison des besoins importants de modernisation des infrastructures après plusieurs décennies de sous-investissement. Toutefois, des interrogations subsistent quant à la capacité du marché à absorber rapidement un tel volume de projets et à les mettre en œuvre efficacement. Les carnets de commandes existants devront d'abord être résorbés avant que les nouvelles mesures puissent produire leurs effets. Cette situation concerne particulièrement les infrastructures, dont l'activité devrait reculer de 1,9 % en 2026. Les pénuries de main-d'œuvre continuent par ailleurs de limiter la capacité du secteur à répondre à la demande.
La construction non résidentielle devrait également bénéficier du programme budgétaire, notamment grâce aux investissements liés à la défense. Mais à court terme, le secteur reste exposé à plusieurs risques, en particulier la hausse des prix de l'énergie et son impact négatif sur la confiance des entreprises. L'activité non résidentielle devrait reculer de 1,6 % en 2026, tandis que la construction résidentielle devrait enregistrer une baisse comparable sous l'effet de la perte de pouvoir d'achat des ménages et de l'inflation. Le risque de crédit reste actuellement élevé, en particulier pour les petites entreprises du secteur.
Confrontées à des tensions de trésorerie, beaucoup ont allongé leurs délais de paiement. Les comportements de paiement demeurent tendus et le nombre de défaillances reste important.
Nous estimons toutefois que les marges de manœuvre financières créées par le fonds spécial du gouvernement devraient progressivement produire leurs effets. L'activité du secteur pourrait ainsi rebondir d'environ 5 % par an en 2027 et 2028, avec une croissance soutenue dans l'ensemble des segments.
Italie
Un risque de crédit qui reste élevé
Après une croissance de 3,0 % en 2025, l'activité du secteur de la construction devrait ralentir à 1,5 % en 2026, puis à 0,5 % en 2027. L'une des principales raisons est l'arrivée à échéance, à la fin de l'année, des financements du programme NextGenerationEU, dont ont particulièrement bénéficié les infrastructures et la construction non résidentielle. Toutefois, un important portefeuille de projets dans les transports, l'énergie et le numérique devrait soutenir l'activité globale du secteur et limiter le ralentissement.
Les prix à la production demeurent élevés depuis 2022 et la hausse des prix de l'énergie continue de renchérir les coûts des projets, ce qui pèse sur l'activité. La réduction progressive des dépenses publiques dans le cadre de l'assainissement budgétaire devrait affecter les investissements dans les infrastructures au cours des trois prochaines années, avec des baisses annuelles d'environ 0,5 %. L'incertitude économique persistante freine également les investissements dans les bâtiments non résidentiels, tandis que la croissance de la construction résidentielle devrait ralentir à 1,6 % en 2026 puis à 1,2 % en 2027.
Le risque de crédit demeure élevé en raison de la volatilité de la demande, des tensions de trésorerie, de la prudence accrue des banques dans l'octroi de prêts et de délais de paiement toujours longs. Les PME du segment résidentiel sont particulièrement confrontées à une forte concurrence, à une pression sur les marges et à des tensions de liquidité. La situation est un peu plus favorable pour les grandes entreprises spécialisées dans les infrastructures. Néanmoins, les retards de paiement des donneurs d'ordre publics, notamment dans les projets routiers et ferroviaires, allongent les délais d'encaissement et se répercutent souvent sur les fournisseurs. Entre 2023 et 2025, le nombre de défaillances d'entreprises dans la construction en Italie a connu une hausse préoccupante. Nous estimons que le risque d'insolvabilité restera élevé en raison des fragilités structurelles du secteur et des tensions financières persistantes.
Pays-Bas
Des perspectives en amélioration, mais des défis structurels persistent
L'activité dans la construction aux Pays-Bas devrait progresser de 0,5 % en 2026, avant d'accélérer à 1,5 % en 2027. Le marché résidentiel montre des signes de reprise. Le nombre de logements achevés chaque année pourrait passer d'environ 68 000 en 2025 à 74 000 à 84 000 d'ici 2027. Cette amélioration repose sur un portefeuille de projets plus étoffé et sur une hausse du nombre de permis de construire délivrés. Toutefois, plusieurs contraintes continuent de freiner le développement du secteur, notamment les pénuries de main-d'œuvre, la complexité des procédures d'autorisation et la saturation du réseau électrique.
La production du secteur de la construction aux Pays-Bas continue de progresser, mais les pénuries de main-d'œuvre, les contraintes liées aux autorisations, la saturation du réseau électrique et le coût élevé des matériaux limitent le rythme de cette croissance.
La construction non résidentielle reste confrontée à davantage de difficultés. Les nouveaux projets de bureaux, de commerces et d'immobilier d'entreprise pâtissent de coûts de financement plus élevés, de contraintes liées à la capacité du réseau électrique et d'une plus grande prudence des investisseurs. Si l'activité de construction neuve devrait rester faible en 2026, les travaux de rénovation, d'amélioration de l'efficacité énergétique et les installations techniques continuent d'offrir des opportunités. Une reprise progressive est attendue à partir de 2027. Le segment des infrastructures est soutenu par les investissements dans les réseaux énergétiques, les réseaux électriques, la gestion de l'eau, l'adaptation au changement climatique et le renouvellement des infrastructures vieillissantes. La croissance de ce segment devrait s'établir entre 2 % et 3 % par an jusqu'en 2027.
Des défis structurels persistent dans l'ensemble du secteur. Les pénuries de main-d'œuvre, les restrictions liées aux autorisations environnementales, la saturation du réseau électrique, la longueur des procédures administratives et la hausse du coût des matériaux freinent la croissance de l'activité. Les perspectives restent donc favorables, mais mesurées : les opportunités sont bien présentes, mais la capacité du secteur à les concrétiser en projets réalisés sera déterminante pour la croissance au cours des deux prochaines années.
Royaume-Uni
Une contraction de l'activité attendue cette année
Nous prévoyons un recul de 1,1 % de l'activité dans la construction au Royaume-Uni cette année, dans un contexte de faible croissance économique, d'incertitudes persistantes autour de la politique économique du gouvernement et de taux d'intérêt toujours élevés.
L'ancien gouvernement avait annoncé un objectif de 1,5 million de logements neufs d'ici 2030, mais de sérieux doutes subsistent quant à sa faisabilité dans les conditions actuelles du marché. La construction résidentielle devrait reculer de 0,5 % en 2026 avant de rebondir de 3,1 % en 2027. La progression des salaires et la hausse des prix de l'énergie continuent d'alourdir les coûts des entreprises. La faible rentabilité et les incertitudes économiques freinent également les investissements dans les nouveaux projets. Nous anticipons un recul de 1,6 % de la construction non résidentielle en 2026, suivi d'une légère reprise de 0,4 % l'année suivante. Les contraintes budgétaires limiteront également les investissements dans les infrastructures, dont l'activité devrait diminuer de 1,3 % cette année.
Dans tous les cas, une amélioration significative des performances du secteur devrait prendre du temps. La hausse des cotisations patronales et de la rémunération minimum nationale pèse également sur la capacité des entreprises à recruter des travailleurs qualifiés, alors que la pénurie de main-d'œuvre constitue déjà un défi majeur. De nombreux projets continuent d'être retardés en raison de contrats hérités du passé, de difficultés au sein des chaînes d'approvisionnement, de la hausse des prix et de délais dans l'obtention des autorisations administratives. Le nombre de défaillances d'entreprises du secteur a atteint un pic en 2024, à un niveau comparable à celui observé lors de la crise financière de 2008. Nous anticipons une amélioration progressive dans les prochains mois, mais la situation du risque de crédit du secteur demeure faible, avec un niveau toujours élevé de retards de paiement et de défaillances d'entreprises.
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- La croissance de la production du secteur de la construction est estimée à 1,4 % en 2026, freinée par le ralentissement de l’activité aux États-Unis et en Chine. Une reprise plus soutenue est toutefois attendue en 2027.
- États-Unis : Les perspectives de croissance ont été abaissées à 1,1 % en 2026, sous l'effet de coûts d'emprunt élevés, des droits de douane, de la hausse des prix de l'énergie et des difficultés de recrutement.
- Asie : La situation reste contrastée. La Chine retrouve le chemin de la croissance, l'Asie du Sud-Est demeure la région la plus dynamique, tandis que le Japon continue de se contracter.
- Europe : La croissance du secteur de la construction dans l'Union européenne et au Royaume-Uni devrait ralentir à 0,5 % en 2026, pénalisée par les coûts élevés de l'énergie, les pénuries de main-d'œuvre et un risque de crédit toujours important.