La fraude des acheteurs s’intensifie dans de nombreux secteurs, sous l’effet des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et de la généralisation des processus de commande digitalisés, qui créent de nouvelles vulnérabilités. Pour les fournisseurs, comprendre les modes opératoires des fraudeurs et identifier les signaux faibles le plus tôt possible est essentiel pour protéger le chiffre d’affaires et préserver une trésorerie saine.
Comment la fraude est mise en œuvre
La fraude des acheteurs survient lorsqu’une entreprise commande des biens ou des services avec un paiement à terme, sans intention de régler sa dette, puis cherche à se soustraire à ses créanciers. Pour y parvenir, les fraudeurs tentent d’apparaître solvables afin d’obtenir des livraisons sans paiement immédiat.
Les formes les plus courantes de fraude à l’achat dans les échanges interentreprises incluent :
Certains fraudeurs créent une entreprise dans le seul but de tromper des fournisseurs sur une courte période. Ils passent généralement plusieurs petites commandes dans des secteurs sans rapport les uns avec les autres, revendent rapidement les marchandises à des prix très bas, puis disparaissent avec l'argent.
Au lieu de créer une nouvelle entreprise, les fraudeurs peuvent racheter des sociétés qui ont cessé leurs activités et qui ne présentent ni litiges en cours ni créances irrécouvrables. Cela leur permet de disposer d'une entreprise bien établie avec un historique de paiement irréprochable, même si tous les indicateurs positifs concernent les anciens propriétaires. Dans certains cas, d'anciens bilans sont présentés ou falsifiés afin de renforcer l'apparence d'une solide solvabilité.
Les fraudeurs instaurent d’abord un climat de confiance en passant de petites commandes réglées dans les délais. Une fois leur fiabilité apparente établie, ils effectuent une commande de montant élevé. Les marchandises sont livrées, mais la facture n’est jamais honorée. Après réception, les auteurs disparaissent, revendent rapidement les biens ou organisent une défaillance frauduleuse.
Les fraudeurs usurpent l’identité d’entreprises établies et réputées solvables en passant commande en leur nom, tout en demandant une livraison à une adresse fictive ou en proposant de retirer eux‑mêmes les marchandises. Le fournisseur facture alors l’entreprise légitime, qui conteste être à l’origine de la commande. Ce type de fraude est fréquent dans l’agroalimentaire, le bâtiment, la distribution de matériel électrique et le secteur informatique, mais concerne l’ensemble des industries.
Les répercussions négatives
La fraude des acheteurs menace l’intégrité des commandes, des paiements et de l’exécution des livraisons. Ses conséquences peuvent être immédiates et lourdes : pertes de chiffre d’affaires, tensions de trésorerie, détérioration des relations commerciales et exposition accrue à des fraudes répétées.
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Détection de la fraude : signaux d’alerte dans le comportement des acheteurs
Les tentatives de fraude s’accompagnent souvent de communications incohérentes, de préférences de paiement inhabituelles ou d’informations commerciales incomplètes. Pris isolément, un signal d’alerte n’est pas nécessairement révélateur d’une fraude, mais leur accumulation doit susciter la vigilance.
Signaux d’alerte fréquents :
- Contact uniquement par téléphone, sans ligne fixe communiquée, ou utilisation d’adresses e‑mail gratuites.
- Site internet d’apparence professionnelle, mais aux fonctionnalités limitées ou non opérationnelles.
- Domaines d’e‑mail imitant des marques connues, avec des lettres modifiées, des caractères ajoutés ou des fautes d’orthographe.
- Acheteur montrant peu d’intérêt pour les prix et ne cherchant pas à négocier.
- Délais très courts entre le premier contact, la commande et la livraison demandée.
- Petite commande initiale suivie de plusieurs commandes similaires, puis d’une commande de montant élevé.
- Proposition de retrait des marchandises par l’acheteur, à l’aide d’un véhicule non identifié.
- Demande de modification de l’adresse de livraison à la dernière minute.
- Commandes sans lien avec l’activité habituelle de l’acheteur (par exemple, un grossiste en fruits commandant des ordinateurs ou des produits cosmétiques).
- Transmission excessivement empressée de références ou de documents justificatifs.
- Réticence à effectuer un paiement anticipé.
- Pression exercée par l’acheteur visant à obtenir une décision rapide.
Mesures préventives pour détecter la fraude en amont
Plusieurs actions peuvent réduire significativement le risque de fraude. Les fournisseurs doivent vérifier la légitimité de leurs clients en examinant notamment :
- L’ancienneté de l’entreprise (s’agit‑il d’une société récemment créée ?).
- Entreprise familiale ou non.
- Sa forme juridique.
- Le nom du contact, le numéro de téléphone fixe et le site internet, ainsi que l’authenticité de ces informations. Les fraudeurs privilégient souvent les numéros de téléphone mobiles et les adresses e‑mail gratuites.
- Le niveau de fonctionnalité du site internet et d’éventuels indices de falsification. Il est utile de rechercher des versions alternatives du site, les usurpateurs créant fréquemment des duplications crédibles avec de légères variations de nom.
- La qualité de l’orthographe et de la grammaire dans les documents transmis.
- L’authenticité de l’adresse de livraison, par exemple via des outils de cartographie en ligne.
- La formation des équipes de livraison afin qu’elles livrent uniquement à l’adresse convenue et signalent toute anomalie avant le déchargement.
- La vérification indépendante des coordonnées de l’entreprise, sans se limiter à celles fournies par l’acheteur.
- Le refus de toute modification de l’adresse de livraison une fois les marchandises en transit.
- Le respect, par les clients existants, des procédures de commande habituelles, en portant une attention particulière aux demandes soudaines, urgentes ou informelles.
Ces mesures ne suppriment pas totalement le risque de fraude, mais elles permettent d’en réduire significativement son exposition.

Comment l’assurance‑crédit contribue à la détection de la fraude
Des dispositifs de contrôle interne solides permettent de limiter les risques de fraude, mais même les équipes les plus expérimentées peuvent passer à côté de schémas particulièrement sophistiqués. L’assurance‑crédit apporte alors des niveaux supplémentaires de protection, de surveillance et de soutien financier.
Les assureurs‑crédit s’appuient sur des bases de données étendues et des systèmes d’analyse avancés pour détecter les risques de fraude le plus en amont possible. Ils collectent et partagent des informations issues des historiques de sinistres, des réseaux commerciaux internationaux et de leurs Partenaires. Ils évaluent en continu la situation financière des Acheteurs, leurs comportements et tout signal d’alerte émergent. Leurs services incluent notamment l’analyse de solvabilité, la vérification de l’identité des entreprises, l’octroi de limites de crédit et l’émission d’alertes en cas d’activité suspecte. En cas de fraude avérée, une indemnisation financière peut également être prévue.
La fraude en entreprise peut être efficacement prévenue lorsque des mécanismes de contrôle interne rigoureux sont complétés par une assurance‑crédit. Combinées, ces approches constituent un dispositif de protection robuste et fiable.
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- La fraude des acheteurs progresse, portée par l’essor des processus de commande digitalisés et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement, permettant à des fraudeurs d’obtenir des marchandises sans les régler.
- Les méthodes les plus courantes incluent la création de sociétés fictives, l’utilisation abusive d’entreprises dormantes, les schémas dits de « bust‑out » et l’usurpation de l’identité d’acheteurs légitimes.
- Les signaux d’alerte comprennent des échanges inhabituels, des comportements de commande urgents ou incohérents, des coordonnées suspectes et des changements soudains des instructions de livraison.
- Le risque de fraude peut être limité grâce à une vérification approfondie des acheteurs et renforcé par l’assurance‑crédit, qui apporte un suivi, de l’information économique et une protection financière.