L’économie mondiale a mieux absorbé que prévu le choc initial provoqué par le conflit avec l’Iran, mais les perspectives restent tributaires d’hypothèses fragiles. Les perturbations des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit ont entraîné une hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, alors même que la croissance mondiale ralentissait déjà dans un contexte de tensions commerciales et d’incertitudes géopolitiques. Depuis le cessez-le-feu conclu en juin, les prix de l’énergie ont nettement reculé et les anticipations d’inflation sont restées globalement bien maîtrisées, limitant ainsi le risque d’un scénario durable combinant inflation élevée et faible croissance.
Parallèlement, l’économie mondiale continue de bénéficier de la dynamique des investissements dans l’intelligence artificielle et les technologies, portée notamment par les États-Unis. Toutefois, le cessez-le-feu demeure précaire et les nouvelles frappes militaires entre les États-Unis et l’Iran début juillet rappellent la rapidité avec laquelle les tensions sur les marchés de l’énergie pourraient réapparaître. Notre scénario central repose sur une réouverture progressive du détroit d’Ormuz et une poursuite de la détente des prix de l’énergie, même si les risques baissiers demeurent élevés.
La croissance du PIB mondial devrait ralentir à 2,4 % en 2026, après 3,0 % en 2025, avant de rebondir à 3,1 % en 2027. Les répercussions du conflit avec l’Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz ont alimenté la hausse des prix de l’énergie et des engrais, provoquant un choc stagflationniste modéré. Cet impact est toutefois partiellement compensé par l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle, une guerre commerciale moins marquée qu’attendu et le maintien de politiques budgétaires de soutien. Selon notre scénario de référence, fondé sur une réouverture progressive du détroit, un ralentissement économique plus marqué devrait être évité.
La croissance du commerce mondial devrait ralentir après une année 2025 plus dynamique qu’anticipé. Les échanges mondiaux ont progressé de 4,6 % l’an dernier, soutenus par l’anticipation des droits de douane et par une forte demande de produits liés à l’intelligence artificielle, notamment en provenance d’Asie. Cette dynamique ne devrait toutefois pas se reproduire. La hausse des coûts énergétiques, l’affaiblissement de la demande d’importation et les incertitudes persistantes en matière de politique commerciale devraient limiter la croissance du commerce mondial à moins de 2 % en 2026, avant un redressement autour de 3 % en 2027.

Les économies avancées devraient connaître une croissance plus faible et plus contrastée. La croissance du PIB est attendue à 1,5 % en 2026, contre 1,9 % en 2025, avant de remonter à 2,0 % en 2027. Les États-Unis devraient rester l’économie la plus dynamique, soutenus par les investissements dans l’intelligence artificielle, les mesures de soutien budgétaire et leur production énergétique domestique. Toutefois, la croissance y repose de plus en plus sur un nombre limité de secteurs. La zone euro demeure davantage exposée à la hausse des coûts énergétiques importés et au manque de compétitivité de son industrie manufacturière, tandis que le Royaume-Uni et le Japon sont confrontés à des contraintes propres en matière de finances publiques et de confiance économique.
Les économies émergentes restent le principal moteur de la croissance mondiale, mais leur dynamique est moins soutenue qu’à l’accoutumée. Leur croissance devrait atteindre 3,7 % en 2026 puis 4,2 % en 2027. En Chine, la croissance devrait ralentir, passant de 4,8 % en 2026 à 4,6 % en 2027, la résilience des exportations ne compensant que partiellement la faiblesse de la demande intérieure. L’Inde devrait conserver sa position d’économie majeure à la croissance la plus rapide, malgré sa forte exposition aux perturbations potentielles des approvisionnements énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz.
Une nouvelle escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran constitue le principal risque baissier pour les perspectives économiques. En cas de reprise des hostilités et de maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz jusqu’au quatrième trimestre, les prix de l’énergie pourraient fortement augmenter à nouveau, alimentant les tensions inflationnistes et pesant sur l’activité mondiale. Dans ce scénario, la croissance du PIB mondial pourrait ralentir à 1,9 % en 2026 puis à 1,4 % en 2027, des niveaux proches d’une situation de récession mondiale.

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- Le conflit entre l’Iran et Israël a perturbé les flux énergétiques et entraîné une hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais, accentuant les pressions sur une économie mondiale déjà confrontée à un ralentissement de la croissance et à des incertitudes commerciales.
- Les risques de stagflation se sont atténués grâce au recul des prix de l’énergie après le cessez-le-feu et au maintien d’anticipations d’inflation globalement maîtrisées.
- L’économie mondiale continue de bénéficier du dynamisme des investissements liés à l’intelligence artificielle, mais la persistance de fortes tensions géopolitiques rend les perspectives vulnérables à de nouvelles perturbations sur les marchés de l’énergie.