Monde
Une croissance toujours soutenue, mais les pénuries de puces mémoire pèsent sur les chaînes d’approvisionnement
Nous prévoyons une croissance de la production mondiale du secteur de l’électronique et des TIC de 11 % en 2026 et de 7,3 % en 2027, après une hausse de 10 % en 2025. Les investissements dans les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle demeurent le principal moteur de cette croissance. Les perspectives élevées associées à cette technologie, ainsi que son importance stratégique sur le plan géopolitique, incitent les entreprises à engager des investissements massifs. Les dépenses mondiales liées à l’intelligence artificielle ont atteint environ 1 700 milliards USD en 2025, principalement aux États-Unis. Elles devraient progresser à 2 600 milliards USD en 2026, puis à 3 500 milliards USD en 2027. Cette dynamique d’investissement technologique est particulièrement marquée aux États-Unis, mais ses effets se répercutent également sur d’autres économies, notamment en Asie.
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Les composants électroniques, les cartes électroniques et les semi-conducteurs représenteront une part importante de la croissance du secteur au cours des prochaines années. Outre l’intelligence artificielle, l’accélération de la transformation numérique et de l’automatisation industrielle constituera les principaux moteurs de la demande.
À moyen et long terme, le secteur de l’électronique et des TIC devrait figurer parmi les plus dynamiques de l’industrie manufacturière.
Nous prévoyons que la production mondiale dans le secteur de l'électronique et des TIC progressera de 11 % en 2026 et de 7,3 % en 2027, mais une forte baisse de la confiance dans l'IA constitue un risque baissier potentiel.
Alors que les fabricants de semi-conducteurs réorientent leurs capacités de production vers les puces de dernière génération destinées aux applications d’intelligence artificielle, plus rentables, les capacités mondiales de production de puces mémoire traditionnelles se réduisent. Cette situation engendre des pénuries et des hausses de prix qui pénalisent les utilisateurs de puces mémoire traditionnelles, notamment les fabricants de smartphones, d’ordinateurs, de produits électroniques grand public, d’équipements électriques et les constructeurs automobiles.
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Les fabricants peuvent encore s’approvisionner en puces mémoire, à condition d’accepter des prix élevés. Ils doivent toutefois rivaliser avec les grandes entreprises technologiques investissant dans l’intelligence artificielle, qui disposent généralement de ressources financières plus importantes. Ils sont donc confrontés à un choix : répercuter la hausse des coûts sur leurs clients, au risque de freiner la demande, ou absorber ces surcoûts au détriment de leurs marges. Dans les faits, une combinaison de ces deux approches est la plus probable. Bien que les principaux fabricants de puces mémoire investissent pour accroître leurs capacités de production, plusieurs années sont généralement nécessaires avant la mise en service de nouvelles unités de production.
Le risque d’un excès d’investissement dans l’IA
Une baisse marquée de la confiance dans l’intelligence artificielle constitue un risque à surveiller. Les estimations concernant les gains de productivité liés à l’IA varient fortement, allant d’améliorations limitées à des transformations majeures de l’économie. Il existe un risque que cette technologie ne tienne pas ses promesses en matière de croissance durable et significative. D’autres facteurs pourraient également ralentir le rythme actuel des investissements dans l’IA, notamment les montants considérables nécessaires pour développer les capacités de calcul requises, les contraintes liées à l’approvisionnement énergétique et à la réglementation, ainsi que les défis organisationnels associés à sa mise en œuvre.
En cas de retournement du secteur technologique, les principaux effets négatifs se manifesteraient par une baisse des investissements en équipements et logiciels, ainsi que par un recul des marchés boursiers. Dans un scénario de ralentissement, nos économistes estiment que l’investissement des entreprises américaines pourrait reculer de 9 %, tandis que les marchés actions pourraient enregistrer une baisse de 17 % aux États-Unis et de 10 % à 30 % en Asie. Les entreprises technologiques américaines et asiatiques seraient particulièrement touchées, avec un impact potentiellement important sur la croissance du commerce mondial, qui pourrait être inférieure de 1,5 point de pourcentage en 2027.

États-Unis
L’essor de l’intelligence artificielle continue de soutenir une croissance robuste
Aux États-Unis, le développement rapide de l’intelligence artificielle joue un rôle majeur dans la croissance économique. Il soutient l’activité manufacturière ainsi que les importations de biens d’équipement liées aux investissements dans l’IA, notamment dans le domaine informatique. Nous prévoyons une croissance de la production du secteur de l’électronique et des TIC de 5,5 % en 2026, suivie d’une hausse de 6,2 % en 2027.
Malgré l'augmentation des capacités de production nationales de puces électroniques, les États-Unis resteront dépendants de la chaîne d'approvisionnement technologique internationale, centrée sur l'Asie, au cours des prochaines années.
Les dépenses consacrées aux centres de données, à la fabrication de semi-conducteurs, aux infrastructures cloud et aux réseaux électriques sont devenues un moteur majeur de l’investissement des entreprises aux États-Unis. Les grandes entreprises technologiques continuent d’engager des ressources considérables pour renforcer leurs capacités en intelligence artificielle, soutenant ainsi la demande dans les secteurs de la construction, de l’industrie manufacturière et des services spécialisés aux entreprises. Le secteur technologique contribue également de manière significative à la croissance des bénéfices des entreprises et à la performance des marchés financiers. Par ailleurs, les serices cloud, le stockage de données, le traitement automatisé de l’information et les solutions de cybersécurité, notamment les services d’hébergement en colocation, deviennent des priorités croissantes pour les entreprises américaines.
Les États-Unis renforcent leur capacité à répondre à la demande intérieure liée aux investissements dans les centres de données. En tant que premier marché mondial des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, les mesures visant à relocaliser la production de semi-conducteurs, au moyen de subventions ou de pressions tarifaires, semblent produire certains résultats. Le segment des composants et cartes électroniques, qui inclut les semi-conducteurs, demeure le principal moteur de la croissance de la production électronique, soutenu par la demande provenant des investissements dans les centres de données liés à l’IA. Nous anticipons une progression de la production de 8,9 % en 2026 et de 12,4 % en 2027.
Les capacités de production de semi-conducteurs aux États-Unis devraient continuer à augmenter au cours des prochaines années grâce aux investissements importants réalisés par les principaux acteurs du secteur. L’investissement total de TSMC aux États-Unis devrait atteindre 165 milliards USD, tandis que Samsung Electronics et SK Hynix poursuivent également leurs investissements à grande échelle.
Une dépendance persistante aux importations de puces et de serveurs
Malgré le développement des capacités de production nationales, la vigueur de la demande signifie que les États-Unis resteront fortement dépendants des importations de serveurs et de semi-conducteurs en provenance d’Asie et du Mexique. Bien que la part des États-Unis dans la production de composants et cartes électroniques continue de progresser, sa croissance devrait rester inférieure à celle observée en Chine, à Taïwan et en Corée du Sud. Cette situation maintiendra la dépendance du pays à l’égard de la chaîne d’approvisionnement technologique internationale centrée sur l’Asie au cours des prochaines années.
La production du segment des ordinateurs et équipements de bureau a progressé de 14,6 % en 2025. Cette hausse s’explique par un cycle de renouvellement des équipements, les ménages et les entreprises remplaçant les matériels acquis pendant la pandémie. La croissance devrait ralentir à 1,0 % en 2026 puis à 1,8 % en 2027.
La production d’équipements de télécommunications a fortement progressé ces dernières années grâce à la modernisation des infrastructures haut débit et des réseaux mobiles 5G. Après une hausse de 16,1 % en 2024, la croissance de la production est retombée à 3,6 % en 2025. Nous prévoyons une progression plus modérée de 1,3 % en 2026.
Dans des segments comme l’électronique grand public ou les équipements informatiques et bureautiques, caractérisés par des marges généralement faibles, la maîtrise des coûts de production reste essentielle. Cette contrainte limite les possibilités de relocalisation de la production vers un environnement à coûts élevés comme les États-Unis. En dehors des semi-conducteurs, une véritable relance de la production électronique américaine nécessiterait soit un effort important de formation et de montée en compétences de la main-d’œuvre nationale, coûteux et long à mettre en œuvre, soit le recours à une main-d’œuvre étrangère à moindre coût.

Chine
La production de semi-conducteurs soutient une croissance à deux chiffres
La Chine produit plus de la moitié des équipements électroniques, des ordinateurs et des équipements de télécommunications dans le monde. Les performances du secteur restent donc étroitement liées à l’évolution de la demande mondiale. Nous prévoyons une croissance de la production chinoise dans les secteurs de l’électronique et de l’informatique de 14,2 % en 2026 et de 11,2 % en 2027. Le segment des composants et cartes électroniques, qui comprend les semi-conducteurs, représentera près des trois quarts de cette croissance en 2026, avec une progression attendue de 23,5 %.
Le secteur des hautes technologies constitue un axe majeur de la politique industrielle chinoise. Pékin souligne depuis plusieurs années l’importance de l’autonomie stratégique dans la production de semi-conducteurs et encourage les investissements nationaux dans les technologies de pointe, notamment l’intelligence artificielle, les centres de données et l’exploitation des données à grande échelle. La production de semi-conducteurs de dernière génération revêt une importance stratégique dans un contexte de découplage technologique croissant entre les États-Unis et la Chine. Les autorités chinoises poursuivent en effet leur objectif de renforcer l’autonomie technologique du pays.
La Chine élargit son expertise sur l’ensemble de la chaîne de valeur, non seulement dans la fabrication de semi-conducteurs, mais également dans les équipements industriels, les matériaux et la conception de puces. Malgré son retard technologique dans les semi-conducteurs les plus avancés, le pays progresse progressivement vers les segments à plus forte valeur ajoutée. La Chine a récemment enregistré des avancées significatives dans le domaine des puces haut de gamme destinées aux applications d’intelligence artificielle. Toutefois, des défis importants subsistent. Le pays demeure confronté à certaines lacunes technologiques, à une dépendance vis-à-vis d'équipements étrangers ainsi qu'à des restrictions sur les importations de logiciels et de semi-conducteurs de pointe. Ces contraintes pourraient ralentir son développement.
La Chine progresse également dans la production de semi-conducteurs utilisant des technologies de fabrication matures, notamment dans le segment des puces mémoire. Alors que les fabricants sud-coréens et américains concentrent davantage leurs capacités de production sur les mémoires à haute bande passante destinées aux centres de données liés à l’intelligence artificielle, les producteurs chinois bénéficient d'opportunités accrues sur le marché des puces mémoire plus traditionnelles.
La production d’ordinateurs et d’équipements de bureau devrait progresser de 0,3 % en 2026, tandis que celle des équipements de télécommunications devrait augmenter de 10,9 %. Bien que ces deux segments puissent être affectés par les pénuries de puces mémoire, cet impact devrait être partiellement compensé par des adaptations des spécifications de production permettant de réduire l’utilisation de puces ou de recourir à des composants moins sophistiqués.

Japon
Une croissance soutenue des produits technologiques portée par la demande liée à l’IA
La production électronique japonaise devrait progresser de 2,4 % en 2026 et de 3,9 % en 2027. Le segment des composants et cartes électroniques, qui représente plus de 60 % de la production électronique totale du pays, devrait enregistrer une croissance annuelle supérieure à 4,5 %. L’avantage compétitif du Japon dans ce domaine repose davantage sur la fabrication de composants tels que les condensateurs que sur les semi-conducteurs de pointe ou les puces mémoire. Ces composants, à forte valeur technologique, sont néanmoins essentiels au fonctionnement des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, ce qui positionne le Japon parmi les principaux bénéficiaires de la dynamique mondiale d’investissement dans l’IA.
Par ailleurs, le pays prévoit d’accroître sa production nationale de semi-conducteurs de dernière génération au cours des prochaines années, notamment à travers Rapidus, entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs créée en 2022. Le gouvernement japonais a alloué d’importants financements à cet objectif. Toutefois, les pénuries de puces logiques et de mémoire, provoquées par la forte demande émanant des centres de données liés à l’intelligence artificielle, pourraient peser sur la production d’autres équipements électroniques, notamment les smartphones et les ordinateurs personnels.

Corée du Sud
Les investissements dans la production de semi-conducteurs haut de gamme se poursuivent
La Corée du Sud est spécialisée dans les puces mémoire et bénéficie fortement de la demande soutenue en semi-conducteurs haut de gamme destinée aux centres de données liés à l’intelligence artificielle. Cette dynamique profite particulièrement à SK Hynix et Samsung Electronics, deux des principaux fabricants mondiaux de puces mémoire. La production du segment des composants et cartes électroniques devrait progresser de 14,6 % en 2026, après une hausse de 9,5 % en 2025.
Si une partie de la production de semi-conducteurs pourrait être transférée vers les États-Unis afin de limiter l’impact des droits de douane, les investissements continus dans les sites de production nationaux permettront à la Corée du Sud de conserver sa position parmi les principaux acteurs mondiaux du secteur. Traditionnellement, les fabricants de puces mémoire se montraient prudents dans leurs investissements durant les périodes de forte demande, en raison du caractère cyclique du marché. Cette situation évolue aujourd’hui, l’intelligence artificielle créant une nouvelle source de demande susceptible de soutenir durablement la croissance du secteur. L’engagement du gouvernement à maintenir le pays parmi les leaders mondiaux des semi-conducteurs avancés, notamment à travers des programmes de formation de spécialistes en conception de puces, viendra renforcer les atouts technologiques existants.
Si la Corée du Sud conserve une part importante de la production mondiale de puces mémoire haut de gamme, la fabrication de puces d’entrée et de milieu de gamme subit une pression croissante de la concurrence chinoise. Cette concurrence particulièrement intense exerce une pression à la baisse sur les prix. Cette situation devrait peser sur les marges des produits les moins sophistiqués, mais son impact devrait rester limité sur les semi-conducteurs haut de gamme, qui constituent le segment le plus stratégique du marché.

Taïwan
Une nouvelle année de croissance à deux chiffres de la production
Après une progression exceptionnelle de 33,7 % de la production en 2025, la croissance du secteur taïwanais de l’électronique et des TIC devrait atteindre 30 % en 2026. La demande de semi-conducteurs de dernière génération destinés aux applications d’intelligence artificielle continue de soutenir une croissance particulièrement dynamique de la production. Cette tendance bénéficie également aux segments des serveurs, des ordinateurs et des équipements de bureau, tandis que les commandes à l’exportation restent soutenues. TSMC, premier fabricant mondial de semi-conducteurs en sous-traitance, dispose d’une position dominante sur le marché des puces les plus avancées. Face aux menaces de droits de douane aux États-Unis, l’entreprise a décidé d’investir massivement sur le territoire américain et d’y construire plusieurs nouvelles usines de fabrication de semi-conducteurs. Toutefois, l’essentiel de la production des semi-conducteurs les plus avancés devrait rester localisé à Taïwan à long terme.

Asie du Sud-Est
Une part croissante dans la production mondiale d’électronique et de TIC
Les pays d’Asie du Sud-Est continuent de renforcer leur rôle au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales du secteur de l’électronique et des TIC et devraient accroître leur part dans la production mondiale au cours des prochaines années.
La production dans le secteur de l'électronique et des TIC connaît une forte croissance dans toute la région, et la situation en matière de risque de crédit des entreprises actives dans ce secteur est globalement bonne.
Les exportateurs chinois sont incités à réorienter leurs flux commerciaux ou à transférer une partie de leur production vers des pays tiers en raison des droits de douane américains, alors que le risque d’une nouvelle intensification des tensions commerciales demeure. Parallèlement, à mesure que la Chine se positionne sur des activités à plus forte valeur ajoutée, les pays de l’ASEAN, bénéficiant de coûts de main-d’œuvre plus compétitifs, attirent davantage de capacités de production dans des secteurs tels que l’électronique. Dans l’ensemble, le secteur de l’électronique et des TIC affiche une croissance soutenue dans toute la région, et le niveau de risque de crédit des entreprises qui y opèrent est globalement favorable.
Indonésie
Le secteur indonésien des TIC connaît une forte croissance, portée par l’assemblage de produits électroniques, la modernisation des équipements de télécommunications pour la 5G et le développement des infrastructures numériques. La demande croissante de services cloud et de produits électroniques grand public soutient également cette dynamique, tandis que la production de composants continue de se développer progressivement. Appuyée par les investissements étrangers et les retombées positives de l’intégration régionale au sein de l’ASEAN, la production du secteur devrait progresser de 9,5 % en 2026 et de 6,7 % en 2027, renforçant la position de l’Indonésie comme plateforme compétitive au sein des chaînes d’approvisionnement mondiales des TIC.
Malaisie
Nous prévoyons une accélération de la croissance de la production électronique en Malaisie à 11 % en 2026, après une progression soutenue de 9,5 % en 2025. L’importance du pays dans l’industrie des semi-conducteurs s’est renforcée au cours des dernières années. Des initiatives gouvernementales telles que la National Semiconductor Strategy, combinées à l’expertise du pays dans les étapes d’assemblage, de test et de conditionnement des semi-conducteurs, ont attiré de nombreux investissements internationaux dans les technologies de pointe. Les semi-conducteurs étant au cœur des enjeux commerciaux et technologiques entre les États-Unis et la Chine, la Malaisie pourrait bénéficier d’un transfert de capacités de production hors de Chine.
Singapour
L’économie de Singapour bénéficie de la solidité de ses exportations électroniques, une tendance qui devrait se poursuivre grâce à la demande soutenue liée aux investissements mondiaux dans l’intelligence artificielle. La production électronique du pays devrait ainsi augmenter de 11,3 % en 2026. En 2025, Singapour représentait 3,1 % de la production mondiale de composants et cartes électroniques, une part particulièrement élevée au regard de son poids dans l’économie mondiale. Le pays conserve également une position de premier plan en Asie du Sud-Est pour les centres de données à forte valeur ajoutée et les infrastructures numériques haut de gamme.
Vietnam
Le Vietnam est idéalement positionné pour tirer profit de la diversification des chaînes d’approvisionnement en dehors de la Chine. Le pays est fortement intégré à la chaîne d’approvisionnement chinoise et devrait bénéficier des retombées de la stratégie manufacturière orientée vers l’exportation menée par Pékin. L’assemblage de produits électroniques et la fabrication de composants ont connu une expansion rapide au cours des quinze dernières années. Le pays progresse désormais vers des activités à plus forte valeur ajoutée, notamment la production de semi-conducteurs et de circuits imprimés. Le Vietnam est devenu un acteur majeur de l’électronique grand public, un secteur dont la taille a été multipliée par plus de dix depuis 2010. Les exportations de produits électroniques et TIC continuent aujourd’hui de surperformer, soutenues par le rôle stratégique du pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’électronique dans le contexte de l’essor de l’intelligence artificielle.

Europe
Une croissance modérée en 2026 sur fond de faibles investissements industriels
Comparé aux performances observées en Asie-Pacifique et aux États-Unis, le secteur européen de l’électronique et des TIC continue d’afficher une croissance plus limitée. Après un recul de 0,7 % en 2024 et un rebond de 2,9 % en 2025, nous prévoyons une progression de la production d’équipements électroniques et informatiques de 2,1 % en 2026 dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. Si les besoins structurels liés à la transformation numérique, à l’Internet des objets et à l’intelligence artificielle soutiendront l’activité, le secteur reste exposé au ralentissement économique européen. La production européenne de semi-conducteurs est principalement orientée vers les puces de puissance destinées aux usages industriels, plutôt que vers les semi-conducteurs de pointe utilisés dans les applications d’intelligence artificielle. Cette spécialisation rend le secteur plus sensible à la faiblesse de la demande industrielle en Europe. Le faible niveau global d’investissement productif, dont la croissance ne devrait atteindre que 0,9 % en 2026, pèsera sur le segment des instruments de précision et d’optique, particulièrement capitalistique et premier contributeur à la production électronique européenne. La production de ce segment ne devrait progresser que de 1,5 % en 2026.
Un rebond attendu en 2027
Nous anticipons une hausse marquée de 4,4 % de la production d’équipements électroniques et informatiques en 2027, portée en grande partie par l’augmentation des dépenses de défense dans la région. Cette dynamique devrait être particulièrement visible en Allemagne, où l’évolution des règles budgétaires offre davantage de marge de manœuvre pour accroître les investissements publics. Le segment européen des composants et cartes électroniques devrait être l’un des principaux bénéficiaires de cette évolution, les équipements de défense nécessitant une part importante de composants électroniques. La croissance de ce segment est attendue à 6,9 %. Le secteur des équipements de précision devrait également en profiter, avec une progression estimée à 5 %. Il comprend notamment les systèmes de navigation GPS, les équipements radar et les instruments destinés aux moteurs aéronautiques. Plus largement, les besoins croissants en innovation technologique continueront de soutenir le développement du secteur au cours des prochaines années.
D’importants investissements dans les semi-conducteurs, mais peu orientés vers les puces les plus avancées
À l’instar des États-Unis et de plusieurs pays d’Asie de l’Est, l’Union européenne a adopté des mesures visant à renforcer son industrie des semi-conducteurs. Le European Chips Act prévoit 43 milliards d’euros d’investissements dans la production et la recherche afin de réduire la dépendance aux importations asiatiques et de porter la part de l’Union européenne dans la production mondiale de semi-conducteurs à 20 % d’ici 2030.
Toutefois, les estimations actuelles suggèrent que cet objectif sera difficile à atteindre. Les capacités de soutien public demeurent plus limitées que celles des États-Unis, tandis que l’Europe fait face à des coûts d’exploitation et de main-d’œuvre généralement plus élevés que ceux observés en Asie de l’Est. L’Union européenne continue par ailleurs de privilégier les semi-conducteurs destinés aux applications industrielles et automobiles plutôt que les puces les plus avancées utilisées dans les centres de données et l’intelligence artificielle, une stratégie cohérente avec la structure de son économie. La production de semi-conducteurs de dernière génération reste confrontée à d’importants défis technologiques. L’Europe doit ainsi trouver un équilibre entre le renforcement de sa souveraineté technologique et le maintien de partenariats avec les acteurs internationaux les plus avancés du secteur.
Pour en savoir plus
Téléchargez le rapport complet dans la section « Télécharger le document » ci-dessous pour consulter une analyse détaillée des défis, des performances et des risques de crédit auxquels sont confrontés les principaux marchés mondiaux du secteur.
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- La croissance mondiale du secteur de l’électronique et des TIC reste soutenue, portée par la poursuite des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle et les centres de données.
- Les pénuries de puces mémoire exercent des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et entraînent une hausse des coûts pour les fabricants.
- Les États-Unis renforcent leur production nationale de semi-conducteurs, mais resteront dépendants des chaînes d’approvisionnement technologiques asiatiques.
- L’Asie demeure le principal moteur de croissance du secteur, soutenue par la demande liée à l’intelligence artificielle, les investissements dans les semi-conducteurs et l’augmentation des capacités de production.
- Le principal risque réside dans un ralentissement de l’adoption de l’intelligence artificielle ou des investissements associés, ce qui pourrait freiner les dépenses technologiques et la croissance du commerce mondial.