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Géopolitique, financement et IA : l’assurance-crédit en 2026

Le point de vue de Marc Henstridge, Chief Market Officer d'Atradius, sur les principales tendances qui marqueront le secteur de l'assurance-crédit cette année
10 Apr 2026

Comprendre les forces qui façonneront 2026 est essentiel pour les entreprises qui s’appuient sur l’assurance‑crédit pour soutenir leur développement.

Lors de la conférence annuelle Credit Solutions Conference organisée par Aon, notre CMO, Marc Henstridge, a partagé son analyse des tendances qui marqueront l’année à venir. Son intervention a porté sur les perturbations géopolitiques, les pressions macroéconomiques, l’évolution des besoins de financement et l’accélération du rôle de l’IA. Ensemble, ces dynamiques transforment les échanges commerciaux et la manière dont Atradius adapte son accompagnement.

Des perspectives économiques volatiles pour 2026

Au début de l’année 2026, Atradius anticipait une croissance modérée mais stable dans les principales régions. L’Europe et le Royaume‑Uni devaient connaître un léger ralentissement, autour de 1 %. Les États‑Unis affichaient une amélioration progressive, avec une inflation restant plus élevée qu’en Europe, tandis que l’Asie ne devait enregistrer qu’un tassement marginal après des niveaux de croissance supérieurs à 5 %. L’Amérique latine était attendue autour de 2 % de croissance. La région Moyen‑Orient et Afrique du Nord devait également se renforcer, avec une progression de 3,4 % à environ 3,9 %, portée par la reprise en Libye et en Syrie ainsi que par une croissance soutenue en Égypte, au Maroc et en Arabie saoudite. Cette trajectoire a été brutalement remise en cause après le déclenchement de la guerre en Iran.

Nous nous attendions à une année 2026 relativement calme, mais ce n'est manifestement plus le cas.

Marc Henstridge

Selon Marc Henstridge, CMO d’Atradius : « Nous nous attendions à une année 2026 relativement calme, mais ce n'est manifestement plus le cas. Les événements au Moyen‑Orient auront un impact significatif sur les perspectives économiques mondiales. Les marchés ont réagi immédiatement. L’instabilité des prix du pétrole en est l’une des conséquences les plus visibles. Avant le conflit, le baril se situait autour de 60 dollars ; il a déjà doublé, et son niveau d’équilibre futur demeure incertain.

Une telle volatilité génère inévitablement des pressions inflationnistes à l’échelle mondiale. En réponse, la remontée de l’inflation entraînera une hausse des taux d’intérêt, accentuant les tensions économiques. En tant qu’assureur‑crédit, nous sommes habitués à accompagner nos Clients dans ce type de contexte. Nous avons su gérer des chocs majeurs, notamment pendant la crise du COVID, puis à la suite du conflit entre la Russie et l’Ukraine. »

Accompagner les clients dans un monde marqué par les tensions géopolitiques

L’un des atouts d’un acteur mondial comme Atradius réside dans sa présence directe sur le terrain. Le groupe est actif sur sept marchés au Moyen‑Orient, avec des équipes implantées en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. « Notre priorité a été la sécurité et le bien‑être de nos collaborateurs et Partenaires sur place. Disposer d’équipes locales est un réel avantage pour évaluer l’évolution d’une situation de cette nature », explique Marc Henstridge.

La préoccupation immédiate d’Atradius a porté sur l’impact de la situation sur les flux commerciaux. Les routes terrestres et le fret aérien ont relativement rapidement trouvé des solutions alternatives. En revanche, le transport maritime a été fortement affecté par les perturbations dans le détroit d’Ormuz, un axe stratégique pour le commerce mondial.

Notre priorité a été la sécurité et le bien‑être de nos collaborateurs et Partenaires sur place.

Marc Henstridge

Selon Marc Henstridge : « Nous avons constaté que certains Clients redirigent leurs expéditions depuis les Émirats arabes unis via Oman. En conséquence, nous observons une hausse des demandes de limites de crédit liées à Oman, que nous accompagnons lorsqu’il s’agit clairement d’une route commerciale viable. Les secteurs les plus exposés à ces perturbations des échanges comprennent la chimie, la pétrochimie, l’agrochimie, le transport, les énergies fossiles, les plastiques, l’acier, l’aluminium et, à l’échelle locale, l’hôtellerie et la restauration.

Nous sommes en dialogue direct avec les Clients liés à la région, qu’ils opèrent sur leur marché domestique ou qu’ils dépendent des importations et des exportations, ainsi qu’avec leurs débiteurs stratégiques. Les Acheteurs déjà fragilisés avant la crise et dépendants d’approvisionnements externes ont inévitablement été impactés. Notre priorité est de comprendre quelles sources alternatives ou quelles routes commerciales ils ont mises en place afin de limiter les risques supplémentaires. »

Le rôle croissant de l’assurance‑crédit dans le financement

Alors que les entreprises font face à une incertitude géopolitique et économique accrue, l’assurance‑crédit connaît en parallèle une transformation profonde en 2026. Les banques et les financeurs sont devenus des acheteurs majeurs de solutions d’assurance‑crédit et de caution, tandis que les entreprises cherchent de plus en plus à mobiliser leurs polices pour obtenir de meilleures conditions de financement. Cette évolution a renforcé la demande sur l’ensemble du marché. 

L’assurance‑crédit soutient le financement depuis de nombreuses années, mais son rôle s’est considérablement élargi. De nombreux Clients s’appuyaient initialement sur des couvertures globales de chiffre d’affaires pour sécuriser leurs lignes de crédit. Progressivement, les garanties se sont étendues au factoring, à l’escompte de factures et au financement de stocks. Après la crise financière de 2008, les établissements financiers ont de plus en plus recours à l’assurance‑crédit pour transférer le risque, puis, par la suite, pour optimiser leurs exigences en fonds propres.

L’allègement en fonds propres demeure un moteur majeur et explique probablement une grande partie des 60 % de demandes émanant des établissements financiers. Cette tendance va se poursuivre.

Marc Henstridge

« L’allègement des exigences de fonds propres  demeure un moteur majeur et explique probablement une grande partie des 60 % de demandes émanant des établissements financiers. Cette tendance va se poursuivre. Les opérations ciblées, sur des situations spécifiques, s’inscrivent durablement dans le paysage, et nous devons maintenir une attention renforcée sur ce segment, tant en assurance‑crédit qu’en assurance des risques politiques. Un autre axe clé, du point de vue des banques, est l’utilisation croissante de la caution en complément de l’assurance‑crédit. Les deux solutions sont de plus en plus appréhendées conjointement. Les banques proposent désormais des lignes multi‑options combinant des financements que nous accompagnons traditionnellement et des lignes de garanties bancaires.

Ce que nous observons aujourd’hui, c’est qu’une partie de ces dispositifs nous est désormais confiée, soit via des accords-cadres de participation nous intégrant directement, soit par la réassurance par les banques d’une partie de leurs activités de garanties auprès des assureurs‑crédit. Cette approche se diffuse largement et son utilisation continuera de s’intensifier. »

Un marché plus collaboratif et orienté capacité

À mesure que les structures de financement gagnent en sophistication et que les opérations transfrontalières prennent de l’ampleur, les Clients attendent de plus en plus des assureurs des solutions souples, coordonnées et cohérentes d’un marché à l’autre. Cette évolution conduit le secteur à repenser l’organisation des capacités et la gestion des demandes de grande envergure ou soumises à des contraintes de temps. La capacité à structurer efficacement les couvertures et à apporter de la visibilité dès l’amont est devenue un élément déterminant d’un accompagnement client performant. 

Nous devons nous présenter comme un secteur uni afin de garantir un accompagnement efficace des Clients.

Marc Henstridge

Selon le CMO d’Atradius : « À bien des égards, cette évolution est naturelle. Si l’on observe le fonctionnement des banques, elles ont l’habitude de recourir à des financements syndiqués et de partager le risque entre elles. Il est donc logique que les banques et les grandes entreprises recherchent des schémas similaires sur notre marché, en particulier lorsque le niveau d’exposition nécessite l’intervention de plusieurs assureurs. La syndication est un levier clé. Nous devons nous présenter comme un secteur uni afin de garantir un accompagnement efficace des Clients. Et cela va au‑delà de la syndication ou de la coassurance. La demande pour des solutions de capacité complémentaire progresse, devenant indispensable lorsque les capacités disponibles sont sous contrainte. »

Le talent au cœur de la transformation de l’IA

À l’approche de 2026, le secteur de l’assurance entre dans une nouvelle phase de développement de l’intelligence artificielle, marquée par des transformations à grande échelle qui redéfinissent les modes de fonctionnement des assureurs, l’évaluation des risques et la relation client. Cette évolution est à la fois technologique et organisationnelle : l’IA modifie les compétences attendues, les rôles clés au sein des entreprises et la manière dont les talents sont développés. Dans ce contexte, Marc Henstridge partage la vision d’Atradius sur cette nouvelle ère et sur les capacités nécessaires pour l’accompagner.

Nous accordons la priorité aux experts en données, car sans données fiables et correctement structurées, l'IA ne peut pas fournir de résultats précis.

Marc Henstridge

« Nous utilisons l’IA dans la souscription depuis des décennies, mais notre priorité est désormais d’atteindre un nouveau palier de performance. L’un des principaux leviers réside dans l’amélioration de l’efficacité de nos opérations internes grâce à l’IA. Les Clients n’en ont pas toujours une visibilité directe, mais c’est un domaine dans lequel nous investissons fortement afin de garantir des interactions fluides. L’enjeu ne se limite pas à l’investissement technologique : il s’agit aussi de disposer des compétences adaptées pour exploiter pleinement ces outils. En matière de recrutement, nous accordons une priorité aux experts de la donnée, car sans données fiables et correctement structurées, l’IA ne peut produire de résultats pertinents. Nous renforçons également nos équipes de gestion des encaissements, un domaine en forte croissance qui devient un pilier de la solution crédit globale. Enfin, nous poursuivons nos investissements dans l’expertise caution, à mesure que ce segment se développe. » rajoute Marc Henstridge.

Pour le segment des PME, l’IA ouvre la voie à une approche radicalement différente en matière de conception des produits. Les petites entreprises attendent des décisions rapides, des parcours de souscription fluides et des couvertures capables de s’ajuster instantanément à leurs comportements commerciaux, des exigences que les processus manuels traditionnels ne peuvent satisfaire à grande échelle. L’IA permet de proposer des solutions à la fois plus efficaces et plus réactives face aux besoins des PME. Comme le résume Marc Henstridge : « La mise en place d’une solution PME entièrement automatisée n’est plus une option, et l’IA est le levier qui nous permettra enfin d’y parvenir. »

Entre l’évolution des routes commerciales, la transformation des besoins de financement et l’accélération de l’IA, le secteur évolue rapidement. En restant proches de ses clients, en investissant dans l’expertise et en plaçant l’innovation au cœur de sa stratégie, Atradius est en mesure d’accompagner les entreprises face à l’incertitude et de les aider à saisir de nouvelles opportunités dans l’année à venir.

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Cet article s’appuie sur la participation de Marc Henstridge à la table ronde « Harnessing the Future: Credit Solutions Market Outlook », organisée dans le cadre de la conférence AON Credit Solutions Conference 2026. L’intégralité des échanges est disponible en replay ici.

Résumé
  • La désorganisation des routes commerciales, l’évolution de la conjoncture économique et le retour des tensions inflationnistes redéfinissent l’environnement mondial dans lequel évolue l’assurance‑crédit en 2026.
  • La hausse de la demande en solutions de financement, l’augmentation des besoins en capacités et le rapprochement croissant entre l’assurance‑crédit et la caution transforment les modes de coopération entre assureurs et banques.
  • Les progrès de l’IA, le renforcement des bases de données et une collaboration accrue au sein du secteur accélèrent l’innovation, faisant de l’automatisation complète des solutions destinées aux PME un objectif clé à court terme.
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