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Tendances des pratiques de paiement B2B aux États-Unis en 2026

Les entreprises américaines font preuve de résilience face à la persistance des risques de paiement interentreprises, mais les inquiétudes liées aux perspectives économiques continuent de peser sur les créances clients.
17 Sep 2026
7 min

Les fournisseurs américains subissent des tensions sur la planification de leur trésorerie en raison du risque de paiement B2B 

Les entreprises américaines réalisent en moyenne 45 % de leurs ventes interentreprises (B2B) à crédit, le solde étant réglé au comptant. Parmi les marchés nord-américains étudiés, les États-Unis se situent dans une position intermédiaire en matière de recours au crédit commercial. Le Canada est le pays qui y a le plus recours, avec près de la moitié des ventes B2B effectuées selon des conditions de paiement différé. À l'inverse, le Mexique utilise beaucoup moins le crédit commercial, qui ne concerne qu'environ 30 % des ventes B2B, illustrant une préférence plus marquée pour les paiements anticipés. Aux États-Unis, les entreprises industrielles de taille intermédiaire sont celles qui accordent le plus fréquemment des délais de paiement à leurs clients professionnels. Les données de tendance montrent que la majorité des entreprises américaines n'ont pas modifié leur politique de crédit commercial ces derniers mois. Toutefois, davantage d'entreprises ont augmenté les délais de paiement accordés à leurs clients professionnels qu'elles ne les ont réduits. Cette évolution reflète la tendance observée à l'échelle régionale.

Les politiques de paiement aux États-Unis sont comparables à celles observées dans le reste de l'Amérique du Nord. Les entreprises disposent généralement de conditions de paiement flexibles, leur permettant d'adapter les délais accordés en fonction du secteur d'activité et de la relation commerciale avec leurs clients. Près de trois fournisseurs américains sur cinq accordent un délai de paiement de 30 jours à compter de la facturation. Un nombre deux fois moins important d'entreprises proposent des échéances comprises entre un et deux mois. Les entreprises de construction de taille moyenne à grande sont celles qui accordent généralement les délais de paiement les plus longs à leurs clients professionnels. Les données de tendance indiquent que la majorité des fournisseurs américains ont peu modifié leurs conditions de paiement ces derniers mois. Les entreprises ayant allongé leurs délais de paiement sont plus nombreuses que celles les ayant raccourcis. Cette tendance est conforme à celle observée dans l'ensemble de l'Amérique du Nord. Toutefois, les délais de paiement plus courts semblent plus fréquents aux États-Unis que dans la région dans son ensemble.

Les résultats de l'enquête montrent que les comportements de paiement entre entreprises ont peu évolué ces derniers mois. Environ sept entreprises sur dix aux États-Unis, comme dans le reste de l'Amérique du Nord, continuent de faire face à des retards de paiement. Aux États-Unis, les créances échues représentent en moyenne 22 % des créances clients B2B, un niveau globalement comparable à celui observé dans l'ensemble de la région. Les données révèlent que la majorité des fournisseurs américains n'ont constaté aucun changement significatif dans la part de factures en retard de paiement au cours des derniers mois, conformément à la tendance nord-américaine. Néanmoins, lorsque des évolutions ont été observées, les retards de paiement ont plus souvent augmenté que diminué. Cela montre que le respect des délais de paiement par les clients professionnels demeure un défi pour de nombreux fournisseurs américains.

Les clients B2B ne disposent pas toujours de liquidités suffisantes pour régler leurs factures à l’échéance. Il s’agit de la principale source de risque de paiement, aussi bien aux États-Unis qu’à l’échelle de l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, 55 % des fournisseurs indiquent que leurs clients professionnels règlent leurs factures avec retard. La cause la plus fréquemment évoquée est la pression sur leur trésorerie. Cette situation est plus souvent observée aux États-Unis que dans d’autres marchés nord-américains. Les entreprises américaines sont également davantage confrontées à d’autres difficultés, telles que la non-conformité des biens ou services livrés, les dysfonctionnements des systèmes de paiement en ligne ou encore la lenteur des procédures internes de validation des paiements. Dans les autres marchés de la région, les entreprises mettent davantage en avant des délais de traitement bancaires plus longs et des modalités de paiement jugées complexes.

Bien que les retards de paiement soient fréquents entre entreprises aux États-Unis, la majorité des clients B2B régularisent leurs factures impayées dans le mois suivant l’échéance. Les fournisseurs parviennent ainsi généralement à encaisser le produit de leurs ventes dans un délai d’environ deux mois après l’émission des factures. Les données relatives au délai moyen de paiement clients (DSO) confirment cette tendance. Ce constat est similaire dans la majeure partie de l’Amérique du Nord, à l’exception du Mexique. 

Cependant, une partie des créances en retard n’est jamais recouvrée. La principale cause des pertes liées aux créances irrécouvrables est le non-paiement prolongé des factures. Les entreprises citent également fréquemment les situations où les clients cessent leur activité ou deviennent injoignables. Aux États-Unis, les entreprises estiment le plus souvent que 1 % à 2 % de leurs factures B2B se transforment en pertes sur créances. Cette situation est plus fréquente que dans le reste de la région. Au Mexique, les entreprises déclarent plus souvent des pertes comprises entre 2 % et 5 %, ce qui reflète un environnement de risque de paiement plus difficile.

Les difficultés de paiement des clients ont des répercussions similaires sur le besoin en fonds de roulement des entreprises américaines et de leurs homologues nord-américaines. La conséquence la plus courante est une diminution des liquidités disponibles. Les entreprises des deux zones rencontrent également des difficultés comparables pour anticiper et gérer leurs flux de trésorerie. Par rapport aux autres entreprises nord-américaines, les sociétés américaines sont moins nombreuses à déclarer un impact sur leurs projets d’investissement. Elles signalent également plus rarement une hausse du coût du financement ou un report de leurs propres paiements fournisseurs. En revanche, elles ont davantage recours à des financements externes lorsque leurs clients B2B règlent leurs factures après l’échéance.

Les entreprises américaines et nord-américaines utilisent des outils similaires pour se prémunir contre le risque d’impayés, mais les appliquent différemment. Dans une grande partie de l’Amérique du Nord, les entreprises privilégient les paiements anticipés, les acomptes ou les garanties de paiement. Cette pratique est moins répandue aux États-Unis. Les entreprises américaines adoptent davantage une gestion proactive du risque client. Elles évaluent la solvabilité de leurs clients, surveillent les comportements de paiement et s’appuient sur des outils numériques pour optimiser le recouvrement. Elles proposent également des avantages en cas de règlement anticipé et utilisent des solutions telles que les relances automatisées et les plateformes de paiement en ligne pour faciliter l’encaissement des créances.

Aux États-Unis, 55 % des fournisseurs déclarent que leurs clients B2B règlent leurs factures en retard.

Silvia Ungaro

Environ une entreprise sur cinq, aux États-Unis comme dans l'ensemble de l'Amérique du Nord, déclare recourir à l'assurance-crédit pour se prémunir contre les conséquences du risque de paiement client. Les entreprises indiquent que cette solution les aide à faire face aux incertitudes liées au comportement de paiement de leurs clients B2B, en les protégeant contre d'éventuelles pertes tout en leur permettant de continuer à accorder des délais de paiement. Le recours à des conditions de paiement négociées et à des stratégies de diversification du portefeuille clients est également largement répandu aux États-Unis, à un niveau comparable à celui observé dans le reste de la région. Dans l'ensemble, ces résultats montrent que les entreprises américaines adoptent une approche équilibrée de la gestion du risque de paiement. Elles combinent des solutions de transfert de risque et des mesures de prévention afin de préserver la stabilité de leurs relations commerciales et la résilience de leur trésorerie.

Les difficultés économiques intérieures pourraient mettre à l'épreuve la résilience des entreprises américaines 

À l’avenir, les entreprises américaines sont plus nombreuses que leurs homologues nord-américaines à anticiper une stabilité du comportement de paiement de leurs clients B2B. Environ deux tiers d’entre elles ne prévoient aucune évolution significative des habitudes de paiement dans les mois à venir, tandis qu’une minorité s’attend à une amélioration ou à une dégradation de la situation. Les entreprises commerciales de taille moyenne et grande se montrent toutefois plus prudentes. Une part plus importante d’entre elles anticipe une détérioration des performances de paiement de leurs clients au cours des prochains mois. 

Dans le même esprit, plus de trois entreprises américaines sur cinq estiment que le risque d’insolvabilité des clients restera stable à court terme, tandis qu’un peu plus d’un quart s’attend à une hausse. Dans l’ensemble, les entreprises américaines portent une appréciation mesurée des risques. Si elles reconnaissent les défis économiques actuels et la possibilité d’une augmentation des défaillances d’entreprises à l’échelle nationale, la plupart considèrent que le comportement de paiement de leurs clients et le risque d’insolvabilité au sein de leurs relations commerciales devraient rester globalement stables. Cette perception traduit une certaine confiance dans la solidité de leurs partenariats commerciaux.

Malgré ces anticipations de stabilité concernant les comportements de paiement et le risque d’insolvabilité, les entreprises américaines se montrent plus optimistes quant à leurs perspectives de rentabilité que la moyenne des entreprises nord-américaines. Plus de la moitié d’entre elles prévoient une amélioration de leurs marges au cours des douze prochains mois, un niveau nettement supérieur à la moyenne régionale. Cette confiance suggère que les entreprises ne comptent pas uniquement sur une amélioration des paiements clients pour renforcer leur situation financière. Elles semblent plutôt s’appuyer sur leur capacité à améliorer leur rentabilité grâce à une meilleure efficacité opérationnelle, une gestion rigoureuse des coûts, des stratégies tarifaires adaptées et des relations clients solides. 

Interrogées sur les facteurs les plus susceptibles de perturber les comportements de paiement de leurs clients B2B dans les mois à venir, les entreprises américaines citent en premier lieu le risque de ralentissement économique. Elles se montrent également plus préoccupées que leurs homologues nord-américaines par l’inflation et la hausse des coûts. Les perspectives d’une croissance économique plus faible, alimentées par les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des coûts, continuent de peser fortement sur la confiance des entreprises. Ces risques figurent parmi leurs principales préoccupations et sont mentionnés plus fréquemment aux États-Unis que dans le reste de la région. Le risque de fraude est également perçu comme une menace importante, aussi bien par les entreprises américaines que par celles de l’ensemble de l’Amérique du Nord. En revanche, les entreprises américaines se montrent moins préoccupées que leurs homologues régionales par les risques de cybersécurité, les évolutions réglementaires, la volatilité des devises et les ralentissements propres à certains secteurs d’activité. Cela suggère que les inquiétudes liées à la croissance économique et aux pressions sur les coûts l’emportent actuellement sur les autres facteurs susceptibles de perturber les paiements B2B.

Dans leur ensemble, ces résultats montrent que les entreprises américaines sont pleinement conscientes des risques économiques susceptibles d’affecter la capacité de paiement de leurs clients au cours des prochains mois. Si elles reconnaissent les défis liés au ralentissement économique et à l’inflation, elles semblent également confiantes dans leur capacité à gérer l’incertitude, à protéger leur trésorerie et à continuer d’accorder des délais de paiement à leurs clients. Cette confiance se reflète dans les différentes stratégies de gestion du risque de paiement mises en œuvre par les entreprises américaines, notamment le recours, pour certaines d’entre elles, à des solutions de transfert de risque telles que l’assurance-crédit.

Pour aller plus loin

Pour consulter l’ensemble des résultats de l’enquête 2026 consacrée aux États-Unis, téléchargez le rapport dédié au marché américain disponible dans la section "Télécharger le document" ci-dessous. Des analyses complémentaires sur l’Amérique du Nord sont également disponibles dans la section des contenus associés.

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Résumé
  • Les entreprises américaines restent confrontées à un risque de paiement client généralisé. L'incertitude économique, les perturbations des chaînes d'approvisionnement, l'inflation et la hausse des coûts pèsent de plus en plus sur la trésorerie des entreprises.
  • Les contraintes de trésorerie des clients constituent la principale cause du risque de paiement B2B. Elles entraînent des retards de paiement qui réduisent les liquidités disponibles et compliquent la gestion du besoin en fonds de roulement.
  • La plupart des entreprises américaines s'attendent à une stabilité globale des comportements de paiement de leurs clients et du risque d'insolvabilité dans les mois à venir, malgré les incertitudes commerciales, les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et la hausse des coûts
  • Malgré les risques pesant sur les perspectives économiques, les entreprises américaines restent orientées vers la croissance, soutenues par une gestion rigoureuse des risques et une forte résilience opérationnelle. 
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