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Tendances du secteur de la construction février 2026

L'incertitude économique liée aux droits de douane continue de peser sur l'activité dans le secteur de la construction commerciale.
19 Feb 2026

Global : Les économies émergentes porteront l’accélération de la production du secteur en 2026

Après une croissance de 1,4 % l’an dernier, la production mondiale du secteur de la construction devrait progresser de 2,3 % cette année. La croissance serait limitée à 1,5 % dans les pays développés, tandis que les marchés émergents progresseraient de 3,1 %.

Les tensions pesant sur le commerce international augmentent l’incertitude pour les entreprises, ce qui se traduit par une réduction des investissements dans la construction non résidentielle dans de nombreux pays. Nous anticipons ainsi une croissance limitée à 1,6 % pour ce segment.

La construction résidentielle devrait progresser de 2,6 % en 2026, puis de 4,0 % en 2027. L’impact des cycles de baisse des taux d’intérêt devrait se faire sentir au cours de l’année 2026. Le génie civil à l’échelle mondiale enregistrerait une croissance de 2,5 % en 2026, suivie d’une hausse de 3,7 % en 2027.

Les pénuries de main‑d’œuvre qualifiée et le niveau élevé des coûts salariaux constituent des contraintes structurelles dans de nombreuses économies avancées. Ces facteurs pèsent durablement sur les marges et sur les délais de réalisation.

États‑Unis : Une progression modérée attendue en 2026

La production du secteur de la construction aux États‑Unis devrait n’augmenter uniquement de 1,5 % en 2026. Les droits de douane ciblant plusieurs intrants essentiels, notamment l’acier, l’aluminium et le cuivre, affectent de manière disproportionnée l’ensemble de l’industrie.

Les droits de douane ciblés sur des intrants clés tels que l'acier affectent l'industrie aux États-Unis, et le marché du travail dans le secteur de la construction est tendu.

Matt Nathan

Le marché du travail dans la construction demeure très tendu. Les coûts des projets augmentent sous l’effet de la hausse des salaires, ce qui pénalise les entreprises ayant un volume important de contrats à prix fixe. La politique actuelle visant à limiter l’immigration et à renforcer les expulsions accentue encore les pénuries de main‑d’œuvre dans le secteur. 

Les récentes baisses de taux décidées par la Fed soutiennent l’activité, mais le coût du financement reste pour le moment élevé. Les anticipations actuelles tablent sur une pause, avant de nouvelles baisses des taux directeurs en juin puis en septembre.

Après une contraction de 0,4 % en 2025, la construction résidentielle devrait rebondir de 2,5 % en 2026. Le recul des taux hypothécaires contribue à une amélioration progressive du marché immobilier.

La construction non résidentielle devrait se contracter de 2,2 % cette année, après une hausse de 1,1 % en 2025. La politique commerciale des États‑Unis continue de freiner et de retarder les investissements dans de nouvelles usines ou bâtiments tertiaires. Seuls les projets de très grande envergure devraient se poursuivre.

Le génie civil reste solide, avec une croissance attendue de 5,4 % en 2026, après une progression de 6,1 % en 2025. Le secteur bénéficie des investissements en infrastructures et des grands projets, notamment les centres de données destinés à répondre à la demande croissante liée à l’IA.

Pour l’instant, l’industrie américaine de la construction demeure globalement résiliente malgré la pression sur les marges, liée aux coûts élevés des taux, des matériaux et de la main‑d’œuvre. Nous n’anticipons pas de dégradation du risque de crédit du secteur au cours des six prochains mois. Le secteur se caractérise historiquement par des délais de paiement longs, et cela devrait perdurer.

Chine : Un rebond modéré en perspective

Après une contraction de 0,9 % en 2025, la production du secteur de la construction en Chine devrait rebondir de 2 % en 2026. La construction résidentielle a souffert d’un climat morose et de difficultés financières persistantes.

D’importantes ressources budgétaires devraient être réaffectées au secteur immobilier, soutenant une reprise de 2,5 % de la construction résidentielle cette année. Le gouvernement a mis en place des baisses des taux hypothécaires, assoupli les conditions d’achat immobilier et financé des projets ciblés, notamment dans le logement social.

Les mesures de relance visent également à réorienter l’économie vers une production industrielle avancée et technologique. Cela stimule la construction non résidentielle, attendue en hausse de 3,2 %.

Le risque de retards de paiement et d’insolvabilité dans la construction reste supérieur à la moyenne nationale, en particulier pour les entreprises privées et les promoteurs immobiliers. Il en va de même pour certaines entreprises publiques locales, très dépendantes des budgets et capacités financières des collectivités.

Inde : Les investissements publics en infrastructures soutiennent la croissance

La production du secteur de la construction en Inde devrait progresser jusqu’à 4,4 % en 2026, après une croissance de 7,4 % en 2025. Cette dynamique est principalement portée par les investissements publics dans les infrastructures (routes, chemins de fer, projets industriels).

Malgré ces perspectives favorables, le secteur reste confronté à plusieurs difficultés. Les retards, défauts et situations d’insolvabilité sont fréquents, souvent liés aux dépassements de délais. Les retards de paiement devraient persister, en raison de contraintes administratives et financières.

Les projets en partenariat public‑privé incluant routes, énergie et aéroports présentent un risque de crédit plus élevé en raison de leur longue durée et de leur dépendance aux paiements de l’État.

Asie du Sud‑Est : Les projets publics soutiennent l’expansion du secteur

La demande dans le secteur de la construction reste stable en Asie du Sud‑Est, portée en partie par le rôle majeur des projets publics visant à moderniser les infrastructures et développer les capacités énergétiques. Les prévisions pour 2026 concernant l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie et le Vietnam sont solides, avec une croissance moyenne estimée à environ 6 % par an.

Malgré une croissance robuste, les marges en Asie du Sud-Est sont sous pression en raison de la concurrence et des prix des matières premières, et le secteur est fortement endetté.

Shane Tan

Malgré la croissance du secteur, les marges des entreprises de la construction restent sous pression en raison de la concurrence et de la hausse des prix des matières premières. Le secteur est fortement endetté, ce qui conduit souvent à des clauses financières strictes ou à des exigences bancaires renforcées en matière de garanties lors des demandes de financement.

De nombreux marchés en particulier la Thaïlande et le Vietnam, enregistrent une hausse des retards de paiement et des défaillances, souvent liée à des retards de projets et à la volatilité des prix des matériaux, qui provoquent des tensions de trésorerie. À l’inverse, le risque de crédit dans le secteur de la construction à Singapour reste faible.

Zone euro et Royaume‑Uni : Une croissance plus élevée en 2026, mais un risque de crédit toujours important 

Dans la zone euro, l’activité de construction devrait progresser de 1,6 % en 2026, après une croissance de 0,6 % en 2025. La construction résidentielle est attendue en hausse de 1,5 % en 2026, soutenue par les baisses de taux d’intérêt décidées par la BCE l’an dernier. La production du génie civil devrait augmenter de 1,6 % cette année.

Dans toute l'Union européenne et au Royaume-Uni, la hausse des coûts des matériaux et la pénurie structurelle de main-d'œuvre ont un impact négatif sur les marges des constructeurs.

Richard Smink

Dans l’ensemble de l’Union européenne et du Royaume‑Uni, les coûts des matériaux resteront supérieurs à leur niveau historique et les pénuries de main‑d’œuvre qualifiée demeurent structurelles. Ces deux facteurs continuent de peser sur les marges des entreprises du secteur. Le risque de crédit reste élevé pour la plupart des acteurs de la construction en Europe.

France: L’incertitude politique pèse sur les perspectives

L’activité de la construction devrait se stabiliser en 2026, après une contraction de 1,5 % l’an dernier. Le secteur manque actuellement de moteurs de croissance, et l’incertitude politique assombrit les perspectives.

Dans le résidentiel, l’activité reste faible cette année, avec une contraction attendue de 0,1 %. La production non résidentielle progresserait de 0,3 %, après une baisse de 2,5 % en 2025. Le niveau élevé du déficit public et l’incertitude entourant le budget 2026 freinent les investissements publics dans les infrastructures.

Compte tenu des perspectives limitées, les retards de paiement et les défaillances devraient rester élevés dans les prochains mois.

Allemagne : Les effets du plan de relance tardent à se matérialiser

Après des contractions en 2024 (-3,7 %) et 2025 (-4,4 %), la production de la construction devrait rebondir légèrement cette année, de 1,4 %. Les marges de manœuvre financières créées par le fonds spécial du gouvernement ne produiront leurs effets que progressivement.

Les procédures complexes d’autorisation, la lourdeur administrative, la hausse des prix des matériaux et la pénurie persistante de main‑d’œuvre qualifiée freinent encore l’activité.

La construction résidentielle devrait croître de 1,1 % en 2026, après deux années de fortes baisses. La hausse des permis de construire en 2025 constitue un signal encourageant.

Le génie civil comme la construction non résidentielle bénéficieront du plan budgétaire, mais les pénuries de main‑d’œuvre resteront un frein majeur. Sans capacité supplémentaire, il sera difficile de mettre en œuvre rapidement les projets d’infrastructures pourtant indispensables.

Le risque de crédit reste élevé, en particulier pour les petites entreprises. Les tensions sur les délais de paiement demeurent fortes, et les défaillances du secteur restent nombreuses.

Italie : Un risque d’insolvabilité toujours élevé

Après une croissance de 3,3 % en 2025, l’activité de construction devrait ralentir à 1,1 % en 2026. Les prix élevés à la production continuent de peser sur le secteur. 

La construction résidentielle restera modérée, avec une hausse de 1,2 % cette année. Les investissements augmentent légèrement, mais la reprise reste moins dynamique que dans le génie civil.

Le risque de crédit demeure élevé en raison de la volatilité de la demande, des tensions de trésorerie, de la réticence des banques à financer le secteur et des délais de paiement très longs. Les PME du résidentiel sont particulièrement exposées à la concurrence, à la pression sur les marges et aux tensions de liquidité.

Entre 2023 et 2025, le taux d’insolvabilité des entreprises de construction italiennes a fortement augmenté. Le risque devrait rester élevé en raison des fragilités structurelles et des contraintes financières persistantes.

Pays‑Bas : Le résidentiel reprend, mais les contraintes demeurent

La production du secteur devrait augmenter de 2,5 %, mais de sérieux obstacles subsistent. Les pénuries de main‑d’œuvre restent un problème majeur : la moitié des entreprises néerlandaises de construction signalent des difficultés de production liées au manque de compétences et à la lenteur des autorisations. Les marges sont structurellement faibles, en raison d’une concurrence intense.

La construction résidentielle accélère : les logements neufs achevés devraient passer de 68 000 en 2025 à 80 000 en 2026, puis 84 000 l’année suivante. Il s’agit du premier vrai redressement depuis plusieurs années.

Le non résidentiel reste sous pression : les investissements ont chuté de 8 % l’an dernier et devraient reculer de 7 % cette année. À l’inverse, les infrastructures bénéficient des projets liés à l’énergie.

Royaume‑Uni : Les projets restent largement retardés

La production du secteur devrait progresser de 1,5 % en 2026. Les baisses de taux se poursuivent, mais partent d’un niveau élevé et leurs effets sur l’activité mettront du temps à se matérialiser.

La construction résidentielle devrait augmenter de 3,5 % cette année. Le gouvernement vise la construction de 1,5 million de logements d’ici 2030, mais il existe de sérieux doutes quant à la faisabilité de cet objectif dans les conditions actuelles du marché. 

La hausse des cotisations sociales et du salaire minimum renchérit les coûts pour les entreprises britanniques, réduisant leur capacité à investir. Par conséquent, la construction non résidentielle devrait se contracter de 1 % en 2026.

De nombreux projets continuent d’être retardés, en raison d’anciens contrats, de tensions logistiques, de l’inflation des prix et des délais prolongés d’obtention des permis.

Les défaillances d’entreprises de construction ont culminé en 2024, à des niveaux comparables à ceux de la crise financière de 2008. Une amélioration progressive du risque de crédit est attendue, mais les conditions de marché restent difficiles.

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Résumé
  • La croissance mondiale du secteur de la construction devrait atteindre 2,3 % en 2026, portée principalement par l’activité dans les marchés émergents. Les tensions commerciales entraînent un recul des investissements dans la construction commerciale.
  • La production du secteur de la construction aux États‑Unis ne progresserait que de 1,5 % cette année. Les droits de douane ciblant plusieurs intrants essentiels affectent de manière disproportionnée l’ensemble de la filière.
  • Après une contraction de 0,9 % en 2025, la production du secteur de la construction en Chine devrait rebondir de 2 % en 2026. Toutefois, le risque d’insolvabilité y reste supérieur à la moyenne.
  • La demande dans le secteur de la construction en Asie du Sud‑Est demeure stable, soutenue en partie par les projets d’infrastructures publics. Les marges, en revanche, sont sous pression en raison de la concurrence et des prix des matières premières.
  • Dans la zone euro, l’activité de construction devrait progresser de 1,6 % en 2026, après une croissance de 0,6 % en 2025. Le risque de crédit demeure élevé pour les entreprises du secteur dans la majorité des marchés européens.
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