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Tendances du secteur des biens de consommation durables - Mai 2026

Les ménages réduisent leurs dépenses face à la hausse des prix liée au conflit dans le Golfe
19 May 2026

Vue d’ensemble mondiale : Le secteur est pénalisé par le recul des dépenses discrétionnaires dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie.

La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une hausse des prix du pétrole dans la plupart des régions du monde. Combinée à l’augmentation du prix du gaz, des engrais et des matières premières agricoles, cette situation devrait porter l’inflation mondiale mesurée par l’indice des prix à la consommation à un pic de 4,4 % au deuxième trimestre 2026, une évolution défavorable pour le pouvoir d’achat des ménages.

La hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation réduit le revenu disponible et entraîne un recul des dépenses discrétionnaires. Cela affectera négativement les ventes d’appareils électroménagers, de meubles, ainsi que de produits électroniques grand public.

Parallèlement, les fabricants de biens durables sont confrontés à une augmentation de leurs coûts de production, liée notamment à la hausse des prix de l’énergie et de certaines matières premières.

Dans un scénario de conflit prolongé dans le Golfe, l’inflation mondiale atteindrait 7,7 % en 2026. Dans ce cas, la croissance des ventes mondiales de biens durables serait limitée à 0,4 %, soit 1,5 point de pourcentage de moins que les prévisions actuelles.

Le risque de crédit des distributeurs de biens durables demeure élevé dans de nombreux marchés développés, les acteurs de petite taille étant particulièrement exposés aux défaillances. Le secteur évolue dans un environnement très concurrentiel, caractérisé par des marges faibles.

États-Unis : Ralentissement de la consommation privée, un frein pour le secteur

La croissance de la consommation des ménages américains devrait ralentir à 1,7 % cette année, après 2,6 % en 2025. La répercussion progressive de la hausse des coûts de l’énergie sur les prix sous-jacents se manifestera dans les prochains mois, portant l’inflation à 3,3 % en 2026. La hausse des prix des carburants et de l’inflation érode le revenu réel des ménages, pesant sur leurs dépenses.

La production de biens de consommation devrait rester atone à court terme. Nous anticipons un recul des ventes de biens durables de 0,4 % en 2026. Les dépenses discrétionnaires et les achats de biens durables sont particulièrement exposés, les décisions d’achat importantes étant souvent reportées en période de hausse des prix de l’énergie, d’inflation et d’incertitude. 

Les prix de vente des appareils électroménagers, de l’électronique et du mobilier ont fortement progressé. Les importateurs ont rarement obtenu des baisses tarifaires auprès des fournisseurs et n’ont pas pu absorber intégralement le coût des droits de douane. Les distributeurs ont partiellement supporté ces coûts au détriment de leurs marges, mais les ont majoritairement répercutés sur les consommateurs.

Certains producteurs ont renforcé leur pouvoir de fixation des prix, mais les droits de douane ont également renchéri les coûts de production domestiques (notamment pour les métaux). Les capacités de relocalisation restent limitées à court terme, faute d’infrastructures et de main-d’œuvre spécialisée, dans un contexte de coûts salariaux élevés.

Un rebond marqué des ventes de biens durables est attendu en 2027 (+5 %), porté par une amélioration de la conjoncture et une progression de la consommation des ménages, avec une hausse des ventes de détail de 2,5 %.

Chine : Ralentissement dans un contexte de confiance fragile

Le marché chinois de la distribution est le deuxième au monde, avec des ventes totales atteignant 50 120 milliards de yuans (environ 6 230 milliards d’euros) en 2025. Le commerce en ligne de biens physiques continue de croître plus rapidement que les ventes en points de vente.

Les ventes de biens durables devraient progresser de seulement 2,5 % en 2026, malgré un effet de soutien en début d’année lié au Nouvel An chinois. Une croissance de 3,2 % est attendue en 2027.

Bien que la Chine soit relativement moins exposée au choc énergétique lié au conflit du Golfe, des effets indirects commencent à apparaître. La confiance des ménages demeure volatile, notamment en raison des difficultés persistantes du secteur immobilier.

Le contexte déflationniste, la faible progression des salaires et la hausse du chômage freinent les dépenses, en particulier pour les biens à forte valeur.

La production de meubles devrait reculer de 3,7 % en 2026, après une baisse de 6,4 % en 2025. Les difficultés du marché immobilier et les droits de douane américains pèsent sur les exportations de biens d’équipement de la maison.

Japon : Une confiance des ménages toujours fragile

Après des reculs marqués en 2024 et 2025, les ventes de biens durables devraient croître de 1,9 % en 2026 avant de se stabiliser en 2027. Les coûts élevés de l’énergie limitent la consommation, notamment pour les biens durables.

À plus long terme, le vieillissement et la diminution de la population pèseront sur les perspectives de consommation.

France : Une consommation pénalisée par l’inflation

Après deux années de faibles performances, les ventes de biens durables devraient reculer de 1,8 % en 2026. La consommation intérieure est affectée par l'impact de la guerre du Golfe sur l'inflation et par l'incertitude politique persistante. 

Le risque de crédit reste élevé dans la distribution. Les stocks sont importants en raison de la faible demande, et les partenaires financiers durcissent l’accès aux financements à court terme. Les marges demeurent faibles dans l’ensemble des segments.

Les retards de paiement et les défaillances restent élevés chez les petits distributeurs. Les grands groupes spécialisés présentent une situation financière plus solide et continuent de gagner des parts de marché.

Allemagne : Contraction dans un contexte de tensions financières

La croissance des ventes de détail devrait ralentir à 0,1 % en 2026, tandis que les ventes de biens durables reculeraient de 2,1 %. La confiance des ménages s’est dégradée en raison du conflit dans le Golfe, la hausse des prix du carburant réduisant le pouvoir d’achat.

Le retour d’une inflation plus élevée, l’incertitude persistante et le ralentissement du marché du travail pèsent sur les décisions de consommation, notamment pour les dépenses discrétionnaires. Toute nouvelle pression sur les finances des ménages pourrait accentuer la baisse des dépenses.

Le secteur reste fragilisé par un niveau de risque de crédit élevé. La distribution est particulièrement touchée par la hausse des coûts, un crédit plus coûteux et des marges faibles.

Les retards de paiement et les défaillances sont restés élevés en 2025 et début 2026 et devraient continuer à augmenter dans les prochains mois.

Royaume-Uni : Une dégradation des conditions de marché

La croissance de la consommation des ménages est attendue à 0,4 % cette année, avec un recul des ventes de biens durables de 1,1 %. 

Le revenu réel des ménages devrait diminuer de 0,2 %, soit la performance la plus faible depuis 2022. Les consommateurs adoptent une attitude plus prudente et reportent leurs achats importants dans un contexte d’incertitude.

Le risque de crédit reste élevé dans la distribution. Une gestion rigoureuse de la trésorerie, des stocks et de la chaîne d’approvisionnement devient essentielle. Les petites structures sont les plus vulnérables, beaucoup n’ayant pas accès à des conditions tarifaires et de paiement avantageuses.

Résumé

Monde : La hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation réduit les revenus disponibles et entraînera un recul des dépenses discrétionnaires.

États-Unis : La production de biens de consommation devrait rester atone. Nous anticipons un recul des ventes de biens durables de 0,4 % en 2026.

Chine : Les difficultés du secteur immobilier, le contexte déflationniste et la faible croissance des salaires pèsent sur les dépenses de consommation pour les biens de grande valeur.

France : Après deux années de faibles performances, les ventes de biens durables devraient à nouveau reculer en 2026, de 1,8 %.

Allemagne : L’inflation élevée, un niveau d’incertitude important et un marché du travail moins dynamique freinent les décisions de consommation, notamment pour les dépenses discrétionnaires.

Royaume-Uni : Les petites enseignes sont les plus fragilisées dans un marché en contraction, nombre d’entre elles n’ayant pas accès à des conditions tarifaires et de paiement plus favorables.

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