Market Monitor - Industrie Construction - Royaume-Uni

Market Monitor

  • United Kingdom
  • Construction

18 févr. 2016

Malgré un rebond de la production, les derniers effets de la récession passée marquent encore le secteur de la construction avec une forte augmentation des faillites au premier semestre 2015.

  • Les faillites ont été nombreuses en 2015
  • Les délais de paiement sont toujours très longs
  • Le segment lié à l’énergie solaire est menacé

 

Le secteur britannique de la construction, dont la part dans le PIB du pays s’élève à plus de 6%, a employé 2,1 millions de personnes en 2015. Fortement affecté par la crise du crédit de 2008, il s’est redressé en 2013 et 2014. Cette reprise s’est essoufflée en 2015, la production ayant fléchi de 2,2% au 3e trimestre 2015, mais l’activité s’est accrue à nouveau à la fin de l’année. Le manque de main-d’oeuvre qualifiée conduit souvent au report de projets de construction.

 


Malgré ce rebond de la production, les derniers effets de la récession passée marquent encore le secteur de la construction, comme le prouve notamment la forte augmentation des faillites au premier semestre 2015. La faillite de certaines grandes entreprises a provoqué un effet domino, leurs fournisseurs et sous-contractants faisant faillite à leur tour en raison des sommes considérables restées impayées.

 

Les passations de marché témoignent clairement de ces difficultés : pendant la récession, les entreprises de construction ont souscrit des contrats à des conditions qui sont devenues insoutenables en 2014 et 2015 du fait de l’augmentation des prix des matières premières et des coûts salariaux. Comme beaucoup d’entreprises de construction travaillent encore sur cet héritage de contrats à marges étroites, ceux-ci entraînent encore des pertes relativement fréquentes malgré l’amélioration des carnets de commande. Les paiements en retard restent un problème, notamment dans le cas des entrepreneurs du Tier 1, qui souffrent eux-mêmes de difficultés liées à ces contrats. Les notifications de non-paiement, qui ont affiché une tendance à la hausse en 2015, devraient rester très nombreuses en 2016.

 


En outre, pour des nombreuses petites entreprises l’accès au financement bancaire est difficile ou assorti de conditions peu avantageuses. Ce manque de financement affecte les PME qui pourraient avoir besoin de recommencer à investir, notamment dans les dépenses en capital, afin de s’adapter à la croissance du marché.

 

Toutefois, avec le regain d’activité que connaît le secteur depuis 2013/2014, les entrepreneurs peuvent maintenant se permettre
d’être plus sélectifs et de choisir les marchés publics pour lesquels ils vont soumissionner; ils ont donc plus d’influence sur les conditions de paiement. Mais cette amélioration est contrecarrée par la hausse des coûts salariaux et des prix des matériaux, ce qui a un effet négatif sur les marges des entreprises. Le secteur
s’attend à une stabilisation des faillites en 2016, après leur tendance à la hausse de 2015.

 

Après avoir accru notre taux d’acceptation en 2014, nous sommes revenus à une politique de couverture plus stricte à partir du début 2015, année où les défaillances d’entreprises de construction ont recommencé à augmenter. Nous maintiendrons une approche prudente à l’égard du secteur dans les prochains mois, en examinant les risques au cas par cas. La rapidité de la dégradation constatée chez certaines des entreprises ayant récemment fait faillite confirme la nécessité d’obtenir auprès des acheteurs leurs états financiers les plus récents. La fourniture régulière des comptes de gestion nous permet de prendre une
décision mieux éclairée sur les demandes de limite de crédit et de garantir que chaque décision est aussi adaptée que possible à la situation.

 

À l’heure actuelle, nous sommes particulièrement prudents à l’égard des entreprises de construction étroitement liées au secteur britannique de l’énergie solaire, menacée par un sérieux coup d’arrêt suite à la décision du gouvernement de réduire le subside appelé «Feed-in-Tariff» de plus de 80%. Les faillites augmentent déjà dans ce segment depuis la fin 2015.

 

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