Le développement des Fintech et des Insurtech

Interview Les Echos d'Andreas Tesch, Chief Market Officer d'Atradius - Janvier 2017 - Thématique Fintech et Insurtech

Les coûts d'infrastructure et les obstacles réglementaires continuant à diminuer, les Fintech et Insurtech sont en pleine expansion. Ces nouveaux arrivants mettent- ils en danger et bousculent-ils les acteurs bien établis ? Andreas Tesch, Chief Market Officer d'Atradius, s’exprime sur l'impact des nouvelles technologies sur le marché de l'assurance pour les entreprises.

 

Les marchés bancaires et d'assurance B2C semblent dépassés par les nouveaux venus perturbateurs que sont les Fintech et, dans une moindre mesure, les Insurtech. Devons-nous nous attendre à un phénomène similaire dans l'assurance B2B ?
En fait : pas encore. Mais il est vrai que les acteurs Fintech et Insurtech ont capitalisé sur la technologie numérique plus rapidement que les banques et les assureurs. Leurs services reflètent les attentes des consommateurs actuels : ils sont optimisés pour les canaux numériques et plus conviviaux, et reposent sur les réseaux postes à postes (P2P). Mais ces tendances toucheront rapidement les acteurs de l’assurance B2B, notamment sous l'effet conjoint de l'automatisation et de l'analyse de données « Big Data ».

 

Quel sera leur impact sur les assureurs-crédit ? Pensez-vous que ce soit une menace ou une opportunité ?
Une opportunité, bien sûr ! Tout d'abord, le Big Data et l’analyse des données peuvent transformer l'assurance B2B, en optimisant notre analyse des risques avec le traitement des données non structurées. Imaginons par exemple un pays dans lequel les informations financières sur les entreprises ne sont pas fiables, peut-être pourrons-nous alimenter un algorithme avec d’autres données en ligne ? En classant les supports d'information locaux, les notations de satisfaction des collaborateurs, etc., qui sont disponibles mais impossibles à analyser manuellement, nous pourrions évaluer la solvabilité d’une entreprise ou recevoir des alertes très en amont concernant les risques d’impayés. Ce serait une aide précieuse pour nos analystes et c’est là l’opportunité de l'automatisation.

 

Bien sûr, la technique des « Blockchain » est également en train d'avoir selon moi un impact très important. Elle pourrait bouleverser le financement des transactions commerciales. En proposant de s’enregistrer sur une plate-forme, la « Blockchain » pourrait remplacer les procédures coûteuses et lourdes d'obtention de documentation comme les lettres de crédit, par exemple. Nous avons vu des cas d'utilisation intéressants de « Blockchain » dans la sécurisation du négoce de diamants.

 

Comment les activités des assureurs-crédit évolueront-elles dans cet environnement de plus en plus numérisé et axé sur les données ?
Nous pensons que les écosystèmes à plate-forme, tant financiers que non financiers, deviendront la norme pour distribuer nos produits et services, avec un accès direct entre les assureurs, leurs clients et leurs prospects. Cette «plate-formisation» va s'accélérer. Des sociétés comme Atradius doivent être prêtes à créer des systèmes flexibles, évolutifs et interconnectés pour consolider des données provenant de sources multiples (assureurs, clients, courtiers, banques, etc.). En combinant tous ces éléments, nous pourrons de plus en plus prendre des décisions financières et d’analyse des risques en temps réel.

 

Cela signifie de nouveaux défis pour les assureurs en particulier les assureurs-crédit, bien sûr, car ils devront être de plus en plus orientés vers la technologie. Mais cela permettra également à nos collaborateurs d'avoir plus de temps pour faire ce qu'ils font le mieux : se concentrer sur les besoins de nos clients et partager leur expertise. Les algorithmes ne peuvent pas rencontrer un client et le conseiller face à la défaillance d’un acheteur !

 

Quels avantages vos assurés peuvent-ils attendre de cette exploitation des Fintech et Insurtech ?
Nous allons dans un premier temps assister à l'amélioration de l'information et de la gestion de leur portefeuille d’acheteurs. L'automatisation permet par exemple une analyse en temps réel du recouvrement des retards de paiement et des impayés. De plus, les offres de produits et services seront de plus en plus personnalisées, ce qui sera le standard pour le consommateur d’Insurtech, mais qui est beaucoup plus complexe pour les entreprises. Nous discutons également d'un avantage encore plus important avec nos réassureurs concernant la sécurisation des transactions commerciales : nous pourrions jouer un rôle dans le financement des opérations en assurant directement les transactions, en couvrant instantanément les acheteurs de nos clients auprès des réassureurs ou des banques. Cela améliorerait énormément la sécurité de chaque intervenant et faciliterait l'accès au financement.

 

Les acteurs extérieurs - les grandes entreprises ou les start-ups - , sont de plus en plus susceptibles d'entrer sur votre marché à mesure que ces technologies évoluent et que les barrières à l'entrée s'amenuisent. Comment les acteurs traditionnels réussiront-ils à rester compétitifs ?
D'une manière générale, je pense que nous nous dirigeons vers une évolution plutôt que vers une rupture, comme avec la Fintech, où nous allons vers la co-innovation entre anciens et nouveaux acteurs. Nous faisons tous face au même défi, être rentable tout en respectant une réglementation rigoureuse, en particulier Solvency II. Les acteurs traditionnels devront s’appuyer sur leurs acquis et créer des offres à valeur ajoutée qui vont au-delà des systèmes d’analyse et de notation seuls, comme par exemple l’analyse du comportement d’un acheteur en particulier, mais aussi de son secteur et de la situation économique de son pays. Notre service Atradius Insights qui donne à nos clients des analyses détaillées et personnalisées de leurs acheteurs, est une avancée dans cette direction. Nous comptons également sur notre présence internationale pour détecter les précurseurs dans le monde entier et tester des solutions nouvelles sur des marchés spécifiques. Globalement, nous voyons ces évolutions futures comme des opportunités de développement sur des nouveaux marchés et de conquête de nouveaux clients, et nous adaptons notre entreprise à cette ère numérique pour être plus performants pour nos clients.

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