Rapport Pays Turquie 2018

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09 oct. 2018

Malgré le resserrement monétaire, l’économie reste vulnérable à la volatilité accrue des devises, en raison notamment des tensions persistantes avec les États-Unis.

 

 

 

 

 

Turkey 2018 - Key figures

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Turkey 2018 - Industries performances forecast

 

 

 

 

 

Situation politique

Chef de l'Etat/gouvernement : Président Recep Tayyip Erdogan (depuis Août 2014)

Population : 81.9 millions

Le président Erdogan a consolidé son pouvoir

Le président Erdogan a gagné les élections présidentielles de juin 2018 au premier tour, consolidant ainsi son pouvoir écrasant, la transition vers le nouveau pouvoir présidentiel étant réalisée par ce vote. Lors des élections parlementaires de juin 2018, l’alliance de l’AKP du président Erdogan avec le parti nationaliste MHP a emporté 53,7% des voix.

 

Des divisions politiques persistent dans le pays et la partie sud-est du pays reste affectée par la guerre civile en Syrie et par les interventions transfrontalières de l’armée turque. Les relations avec l’UE et certains de ces membres (en particulier l’Allemagne) restent tendues.

 
 

Situation économique

Le risque d’un sérieux ralentissement a augmenté

Turkey 2018 - Real GDP growth

La croissance économique a augmenté de plus de 7% en 2017, principalement grâce à un plan de relance complet du gouvernement qui comprenait des allégements fiscaux, des incitations à l’emploi et des mesures de soutien du crédit. Cependant, les déséquilibres économiques ont augmenté depuis lors. La composition de la croissance au cours de la récente période de forte croissance indique une dépendance excessive vis-à-vis de la consommation privée et des investissements dans le secteur de la construction. L’inflation reste obstinément élevée et a fortement augmenté pour atteindre près de 25% en septembre 2018, loin au-dessus de l’objectif de 5% fixé par la banque centrale. En raison de la croissance tirée par le crédit (financée principalement par des sources extérieures, compte tenu du faible taux d’épargne de la Turquie), le déficit courant a fortement augmenté en 2017 et au premier semestre de 2018.

 

L’exacerbation de l’incertitude géopolitique, la détérioration de la qualité institutionnelle, l’augmentation des taux de l’impôt sur les sociétés de 20% à 22% en 2018, et la faible priorité donnée aux réformes structurelles jettent une ombre sur le climat de l’investissement des entreprises en Turquie. Le manque d’investissement, à son tour, limite la croissance de la productivité et la capacité d’exportation. Le risque d’atterrissage brutal a fortement augmenté, principalement en raison de la forte dépréciation de la livre et de la menace d’assèchement des flux de capitaux.

Turkey 2018 - Inflation

Depuis janvier 2018, la livre a perdu environ 40% de sa valeur par rapport au dollar et à l’euro. La dépréciation de la livre s’est accélérée après l’escalade du conflit avec les États-Unis à propos de la détention d’un pasteur américain en août 2018. Cependant, les principales raisons de la volatilité de la monnaie sont plus profondes : la livre a été soumise à une forte pression après que le président Erdogan a exprimé de manière répétée sa vision non orthodoxe selon laquelle les taux d’intérêt élevés sont la cause d’une inflation élevée, et qu’il exercerait un contrôle plus étroit de la politique monétaire. Cela a alimenté les doutes des marchés financiers sur l’indépendance de la banque centrale, ce qui a accru la pression sur la monnaie turque depuis le début 2018. L’économie turque, qui a un taux d’épargne faible, est très vulnérable aux fuites de capitaux parce qu’une grande partie du déficit du compte courant est financée par des afflux de capitaux de portefeuille volatils et à court terme, qui sont affectés de manière négative par les problèmes actuels. Les réserves en devises étrangères diminuent et sont suffisantes pour couvrir les besoins en financement externe.

La situation s’est quelque peu stabilisée à la mi-août 2018, après que des mesures ont été prises pour renforcer l’offre monétaire et pour limiter les opérations de swap, afin de protéger la devise contre la vente à découvert. En outre, le Qatar a annoncé son soutien financier (15 milliards d’USD d’investissement étranger direct et trois milliards de swap de devises). Finalement, en septembre 2018, la Banque centrale a augmenté son taux directeur de 17,75% à 24%, une hausse de 625 points de base, qui a dépassé les attentes du marché et a entraîné une stabilisation du taux de change - pour le moment. Cela dit, les taux d’intérêt élevés auront un effet défavorable sur la croissance économique en 2018 et 2019. En combinaison avec un arrêt brutal des sorties de capitaux, cela pourrait entraîner un resserrement du crédit.

Turkey 2018 - Real private consumption

Malgré le resserrement monétaire, l’économie reste vulnérable à la volatilité accrue des devises, en raison des conditions de liquidité mondiales plus rigoureuses, des tensions persistantes avec les États-Unis et de la part importante de la dette des entreprises libellées en devises.

 

Le niveau de la dette extérieure, majoritairement détenu par le secteur privé (banques et entreprises) est élevé (USD 220 milliards, plus de 200% des exportations de biens et services) et la dette est sensible au taux d’intérêt, au refinancement et au taux de change. En cas de dépréciation réelle permanente de la livre de 30%, la dette dépasserait 80% du PIB d’ici 2023.

Turkey 2018 - Real government consumption

Les sociétés non financières, en particulier, encourent un risque de change important, environ la moitié de leurs prêts (près de 70% du PIB) étant libellée en devises étrangères, les actifs en devise étrangère (FX) ne couvrant environ que 40% des dettes FX. Les entreprises turques, en particulier dans les secteurs de l’énergie, des matériaux de construction, de la sidérurgie, des transports (compagnies aériennes) et de l’industrie chimique, ont emprunté de manière importante en devises étrangères auprès de banques locales.

 

Bien qu’une part substantielle de cette dette soit financièrement couverte ou détenue par des sociétés bénéficiant d’une couverture naturelle (par exemple via les recettes d’exportation), certaines sociétés - en particulier les PME mais aussi les grandes entreprises - sont mal couvertes. Cela a été mis en évidence par le fait qu’un nombre important d’entreprises turques ont récemment demandé une restructuration de leur dette. Pour remédier à cela, la banque centrale a adopté des mesures visant à restreindre les emprunts en devises des PME sans couverture naturelle. Dans certains secteurs importants, le comportement de paiement s’est déjà détérioré, avec une augmentation des délais de paiement et une augmentation du nombre de retards de paiement. L’insolvabilité des entreprises turques reste élevée, 80% des entreprises nouvellement créées étant défaillantes au cours des trois premières années. On s’attend à une augmentation de l’insolvabilité des entreprises, spécialement dans les secteurs de l’immobilier, de la construction et de l’énergie.

Turkey 2018 - Current account

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